Concours de la meilleure photographie d’un lieu de Mémoire 2017-2018

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En 2018, 31 photographies ont été adressées au jury du Concours de la meilleure photographie d’un lieu de Mémoire qui, au terme d’un examen attentif, a décerné trois prix et deux mentions à l’occasion de cette vingtième édition.

 

Initié en 1998 par les Fondations « de la Résistance », « pour la Mémoire de la Déportation » et « Charles de Gaulle », dans le but de valoriser les photographies prises dans le cadre du Concours national de la Résistance et de la Déportation, le Concours de la meilleure photographie d’un lieu de Mémoire offre aux élèves l’opportunité d’exprimer leur sensibilité aux aspects artistiques et architecturaux des lieux de Mémoire relatifs à la Résistance, la Déportation et l’internement en France et à l’étranger durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Ce concours est ouvert à tous les élèves d’établissement d’enseignement secondaire français, publics et privés sous contrat, des classes de troisième au collège à la terminale au lycée.

 

 

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Le premier prix a été décerné à Élise ROUZIÉ, élève de première scientifique au lycée Barral de Castres (Tarn) pour son cliché intitulé « Passages » réalisé dans le cadre d’un voyage d’études au centre de mise à mort d’Hartheim, en Autriche, en août 2017.

 

Cette candidate a accompagné sa création de réflexions sur ce lieu de mémoire et plus généralement sur son rapport à l’histoire.

 

« J’ai choisi de photographier le centre de mise à mort d’Hartheim qui m’a énormément touchée, notamment cette salle tapissée des noms de tous ces hommes, femmes, enfants, vieillards, souvent handicapés, qui y ont perdu la vie. J’ai placé mon appareil derrière ces inscriptions, me permettant ainsi de découvrir symboliquement une autre face de l’histoire.

 

Le cliché est divisé en 3 lignes ascendantes nimbées de douces couleurs ocre, représentant une explosion de vie. Derrière chaque lettre, ce sont des pensées, des joies, des émotions que j’ai voulu faire passer qui s’inscrivent à leur tour dans cette infinie matière qu’est le silence. La partie centrale dévoile une silhouette, prise dans le hasard d’un regard. Légèrement floutée par la paroi de verre, elle est anonyme, représentation universelle des disparus et du passant.

 

Elle vient illustrer ainsi un fil infini tissé dans le cœur même de la mémoire, rattachant le visiteur à l’histoire, à un cercle infini de transmission dont il fait lui-même partie. Un passage. La silhouette, entièrement recouverte par les noms, possède donc une signification polysémique de l’image.

 

À l’avant, les mots s’alignent, tels des barreaux. Leur point de fuite est unique au travers de l’ombre: la lumière éblouissant l’arrière-plan laisse s’enfuir un véritable message d’espoir. À droite, le rectangle noir est un espace auquel nous n’avons pas accès : le vécu. L’oublier serait oublier une partie de l’histoire : celle que l’on ne peut pas imaginer. Il était donc important qu’il figure sur cette photographie, pour qu’à jamais, la mémoire des anciens ne se perde et que les erreurs de notre passé ne se transforment pas en celles de notre présent. Les mots, l’art, devenant ainsi un passage entre nous et la mémoire.

 

Un déporté nous a transmis que le printemps refleurirait. Aujourd’hui, c’est à nous, grâce à l’art, à l’histoire, de l’empêcher de faner.

 

″ Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs″ Montaigne. »

 

 


 

 

Le deuxième prix est revenu à Manon RIVET, élève de troisième au lycée-collège Le Mont Châtelet de Varzy (Nièvre) pour sa photographie prise au sauna du camp d’Auschwitz-Birkenau II, le jeudi 29 mars 2018, dans le cadre d’un voyage scolaire en Pologne.

 

 

Ce candidat a fourni des éléments de compréhension de sa démarche artistique guidant la réalisation de sa photographie.

 

« J’ai toujours été fascinée par le pouvoir de la photographie, ce qu’elle peut dégager comme sentiment fort. En découvrant ces photos on peut voir des personnes heureuses dans l’ignorance de leur funeste avenir.

 

J’ai choisi de capturer cette photographie en noir et blanc, effet vista  qui donne un effet intemporel et que les erreurs du passé ne doivent pas être reproduites dans le futur. Cet effet montre également la nostalgie et l’émotion profonde que dégage cette photographie.

 

Ces photographies traduisent le bonheur d’un temps passé, que les déportés ont dû  amener avec eux pour leur donner un espoir, soit de retrouver un être aimé, soit de se rattacher à des êtres qu’ils ont aimés. Ces photos représentent des personnes de tous âges et nous font comprendre que même les plus petits, les plus innocents ne sont pas épargnés, alors qu’ils n’étaient pas une menace pour le REICH.

 

Devant ces photos, je me suis retrouvée devant ce qui était pour moi les déportés ou alors leur familles ce qui a donné encore plus d’ampleur à mon effroi devant ce génocide. Ces photographies représentent tous les destins brisés d’une plus grande folie meurtrière du siècle passé. »

 

 


 

 

Le troisième prix a été attribué  à Steve GODET, élève de première Bac Pro maintenance des équipements industriels (MEI) au Centre de Formation d’Apprentis de l’Industrie (CFAI) d’Amboise (Indre-et-Loire) pour sa création, « Le temps qui passe », prise à l’intérieur de l’église d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne).

 

Cet élève a accompagné sa création d’un  texte traduisant son émotion dans ce lieu de massacre.

 

« J’ai choisi cette photo car elle m’évoque le temps qui passe. Un objet, posé là, avec son vécu a toujours une histoire à raconter. On s’imagine dans cette église, avec cette tête de nourrisson forgé dans cette barrière, lors d’un baptême, une famille heureuse, une vie normale, qui à chaque moment peut basculer. Ce renversement a été vécu à Oradour-sur-Glane, le 10 juin 1944, une petite ville, tranquille, en Nouvelle Aquitaine.

 

Ce 10 juin n’allait pas être comme les autres. Un groupement de SS a attaqué le village.

 

La vie si paisible s’est transformée en horreur. La vie s’est arrêtée, comme celle des objets, c’est pour cela que j’ai voulu mettre en évidence, un objet qui a pour moi une histoire touchante.

 

J’ai cadré cette photo afin qu’on puisse voir en premier plan la tête de nourrisson. De cette manière, cela nous laisse imaginer ce qui a pu se passer dans cette église.

 

Le noir et blanc nous laisse voir la lumière du soleil entrant dans cette église signifiant qu’un nouveau jour commence et que la vie continue malgré une telle tragédie. C’est pour cela que les objets sont là, pour nous rappeler que ce lieu à eu une histoire dramatique et qu’il ne faut pas oublier ce qui s’est passé. »

 

 


 

 

Deux mentions spéciales du jury ont été décernées à :

 

- Clara DOMINOT, élève de troisième à la cité scolaire Le Mont Châtelet de Varzy (Nièvre) pour son regard porté sur le musée d’Auschwitz.

 

Voici son texte d’accompagnement : « J’ai choisi cette photo car je la trouve très touchante. Voir cette valise avec ce nom et les dates de naissances montrent la cruauté de ce qui s’est passé. Ce noir et blanc fait un contraste et donne un côté plus tragique. « La fin de l’espoir est le commencement de la mort ». Cette citation de Charles de Gaulle illustre parfaitement cette photo, ces valises sont le commencement du chaos et de la mort. Cette photo, je l’ai prise au camp d’Auschwitz. Dans ces valises, les juifs mettaient toute leur vie ou le plus important de leur vie, mais on leur prenait. C’est comme si on leur enlevait la vie. Leur voyage était sans avenir et devient alors sans souvenirs car tout a été volé, pillé, détruit, oublié.

 

Dans toutes ses valises, il y en avait une qui m’avait interpelée. Elle avait le nom de M. Weiss et j’ai un ami aujourd’hui qui s’appelle comme cela. C’est comme voir mon ami mourir devant mes yeux cela m’a vraiment touché. C’est un voyage sans retour. »

 

 


 

 

- Anthony SERREAU, élève de première Bac Pro technicien outilleur au Centre de Formation d’Apprentis de l’Industrie (CFAI) de la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) pour son cliché intitulé « Dernier arrêt » pris dans la rue principale d’Oradour-sur-Glane.

 

 

Voici son commentaire personnel :

 

« Cette photo a été prise à Oradour-sur-Glane dans la Haute-Vienne dans l’avenue principale de cette ville.

 

La technique de cette prise photo est déjà de s’abaisser au niveau du sol pour donner un effet de premier plan bien présent et cela donne aussi un effet de profondeur vers la forge Beaulieu, là où plusieurs personnes ont été rassemblées et abattues.

 

Dans le premier plan, j’ai voulu montrer le trajet du tramway qui se dirige vers le centre de la ville où tous les habitants ont été rassemblés il y a 74 ans.

 

Les rails du tramway sont plus éclairés que le fond de la photo car je voulais donner un effet de lumière en dehors de la ville, signe de légèreté, de liberté, ce qui n’était pas le cas de ce village à ce moment. Je me suis inspiré d’une histoire sur Oradour-sur-Glane qui a eu lieu le soir après le massacre : en fin de journée, un tramway ramenait les personnes travaillant sur Limoges sans savoir ce qui s’était passé à Oradour-sur-Glane.

 

Un arrêt avant Oradour, un inconnu cria dans le tram : « ceux qui s’arrêtent à Oradour, veuillez descendre ! » ce qui a permis à plusieurs personnes de se sauver parmi les 642 victimes. C’est pour cela que j’ai choisi ce titre, « dernier arrêt ».

 

Au deuxième plan, on aperçoit les bâtiments détruits encore imprégnés d’histoire : j’ai volontairement baissé la luminosité pour donner un côté menaçant et donner une atmosphère lourde, comme l’histoire qui s’est passée. J’ai observé le panneau « cimetière » qui illustre très bien la prise photo. La rue centrale et le cimetière sont désignés dans la même direction, celle où toutes les personnes d’Oradour-sur-Glane ont été rassemblées.

 

Au troisième plan, le ciel clair fait un contraste sur la ville martyre et exprime, pour moi, le calme après ce massacre.

 

Mon ressenti sur cette photo est que j’ai figé un lieu de mémoire qui a des milliers de chose à raconter et à exprimer mais aussi la violence et la haine de la Seconde Guerre mondiale. »

 


 

À l’issue de la sélection, les photographies primées font l’objet d’une valorisation

sur les sites des trois fondations

 

(http://www.fondationresistance.org, http://www.fmd.asso.fr, www.charles-de-gaulle.org)

 

et les lauréats se voient remettre une récompense.

 

 

Pour participer, reportez-vous au règlement de ce concours

 

www.fondationresistance.org/pages/action_pedag/concours_p.htm

 

Les candidats souhaitant participer au Concours

doivent faire parvenir leur photographie par voie postale aux :

 

 

Fondations « de la Résistance », « pour la Mémoire

de la Déportation » et « Charles de Gaulle »

 

« Concours de la meilleure photographie d’un lieu de Mémoire »

 

30 boulevard des Invalides

 

75007 Paris

 

Au dos de sa photographie, le candidat doit préciser son nom et prénom, ses coordonnées personnelles, sa classe dans l’enseignement secondaire et l’établissement dans lequel il étudie, ainsi que la légende de la photographie qu’il propose. Chaque photographie soumise au jury doit s’accompagner d’une présentation de sa réalisation ne dépassant pas 2000 signes espaces compris, d’un engagement de ne pas la publier avant les résultats du concours et d’une attestation parentale pour les candidats mineurs.

 

 

 

   

 

 

 

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