Les étrangers dans la Résistance

Durant la Seconde Guerre mondiale, la résistance au nazisme fut l’œuvre d’hommes et de femmes de toutes origines sociales mais aussi de toutes nationalités. La France est alors riche de 2,2 millions d’étrangers, venus pour des raisons politiques ou économiques. Les étrangers dans la Résistance française sont essentiellement des Allemands et Autrichiens antinazis, des républicains espagnols qui ont fui le franquisme, des Italiens antifascistes, des Polonais fuyant l'antisémitisme, des Arméniens, des Juifs d’Europe de l’Est et d’Allemagne. Parmi eux, beaucoup rejoignent la Résistance dès 1941, alors qu’ils font l’expérience de l’exclusion, de la répression, de la xénophobie. Ils entrent alors en résistance par rejet idéologique du nazisme et non en réaction à un Occupant. Mais cette lutte aux côtés de la France résistante est aussi une manière de se rallier, comme d’autres Français, à la cause de la liberté et de la justice et donc à la patrie d’adoption.
Le résistant italien Spartaco Fontano, FTP-MOI du groupe Manouchian, illustre ce réflexe patriotique de certains étrangers immigrés en France lorsqu’il répond en ces termes au président de la Cour martiale qui lui demande pourquoi il combattait aux côtés des résistants : « pour un ouvrier, la Patrie, c'est le pays dans lequel il a trouvé du travail ». Beaucoup d’autres embrassent la Résistance pour un motif plus stratégique. Pour eux, libérer la France est la première étape vers la libération de l’Europe et donc de leur pays natal. C’est notamment le cas des républicains espagnols. De nombreux combattants africains et maghrébins originaires des colonies, simples sujets de l'Empire français, entrent dans la France combattante, à l’image des 5 000 tirailleurs africains et malgaches, déserteurs ou évadés des camps de prisonniers.
Nombreux sont les communistes étrangers qui rejoignent la Résistance française. Le Parti communiste espagnol est par exemple à la base de la création de l'Union nationale des Espagnols, les combattants - les guérilleros - se regroupant dans les maquis du sud du Massif central et du Sud-Ouest (en juin 1944, le XIVe corps guérillero comprenait près de 4 000 hommes et couvrait 31 départements). L'autre grande composante fut la Main-d'œuvre immigrée (MOI), mise en place par les organisations communistes dans les années 1920. La FTP-MOI sera – jusqu'au printemps 1944 - l'instrument le plus efficace de la résistance armée urbaine du PCF clandestin. Quant aux juifs étrangers, traqués par l'Occupant et les polices spécialisées de Vichy, résister était un moyen de survivre.
Au total, les étrangers résistants s'engagent dans toutes les formes possibles que peut prendre la Résistance française : intégration aux Forces françaises libres, presse clandestine, sabotage, lutte armée, renseignement, etc. Les étrangers sont aussi parmi les premiers à se lancer dans la lutte armée contre l’Occupant aux côtés des résistants français au sein des Mouvements ou bien au sein d’organisations qui leur sont propres. A cet égard, les sections "nationales" de la MOI (FTP-MOI) ont joué un rôle décisif et emblématique ; en témoignent en 1943 l’arrestation de Missak Manouchian et de son groupe, et la célèbre « affiche rouge » placardée par les Allemands au lendemain de leur exécution en février 1944 qui visait à exacerber la xénophobie des Français. Nombreux sont aussi, dans le Sud-Ouest, les républicains espagnols engagés dans la Résistance.
 

  • Défilé de guerilleros espagnols portant un drapeau républicain, lors de la libération d’Auch (Gers), août 1944. Copyright Collection particulière

  • La brochure allemande L’armée du crime stigmatise les résistants d’origine étrangère en France, espagnols, italiens, arméniens... Copyright Mémorial Leclerc de la Ville de Paris

  • Des Russes de la Wehrmacht ont rejoint les rangs de la résistance, 1944. Copyright Collection particulière

  • Pour le gouvernement de Vichy, les résistants sont des étrangers à la solde de l’URSS et de Staline. Copyright MRN

La libération de Paris

Après la réduction de la poche de Falaise en Normandie, le 19 août 1944, les armées alliées progressent rapidement jusqu’à Rouen et Mantes où une tête de pont est établie sur la Seine. Pendant ce temps, Paris s’est insurgé le 18 août. Le général de Gaulle a prévu que la 2e division blindée du général Leclerc libérera la capitale.

Paris n’est pas un objectif militaire
Dans les plans alliés, Paris n’est pas un objectif militaire et la ville doit être contournée. En revanche, le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), estime que la libération de la Capitale est un symbole et un objectif politique : Paris doit être libéré par  les soldats français. Le général de Gaulle veut ainsi apparaître comme le chef d’un pays qui se libère grâce à ses propres forces. De plus, avec le bombardement des carrefours stratégiques du nord et de l’ouest de la France, Paris reste un des rares nœuds de communication encore intact, et donc vital pour le repli vers l’est des forces allemandes, mais aussi pour les Américains qui doivent poursuivre leur progression vers le Nord et l’Est.

Les barricades des Parisiens
Le 10 août, le comité militaire national des Francs-tireurs et partisans (FTP) lance un ordre d'insurrection. Le 11 août, les cheminots de l'agglomération parisienne entament une grève qui s'étend rapidement, tandis que l'état-major parisien FFI, commandé par le colonel Rol-Tanguy, s'installe dans les souterrains de la place Denfert-Rochereau. Le 15 août la CGT appelle à la grève générale. La police entre en action : elle représente un apport important d’hommes armés  pour la Résistance et représente une force disciplinée au milieu de l'insurrection. A leur tour, les postiers se mettent en grève, suivis par les ouvriers de la presse et les employés du métro.  Alors qu'une fièvre libératrice gagne Paris, un dernier train part la nuit de la gare de Pantin, emmenant en déportation  près de 2 400 détenus.

Dans Paris, les résistants érigent des barricades. Les policiers font de la préfecture de Paris un bastion. Les combats qui opposent les Allemands aux résistants, regroupés au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI), sont violents. Le 20 août, les combats sont suspendus grâce au consul de Suède, Raoul Nordling. Mais, le lendemain, sur une décision du comité parisien de libération, la trêve est rompue et les combats de rue reprennent. Les résistants, peu armés, doivent faire face à 20 000 soldats allemands équipés de chars et soutenus par des avions, commandés par le général von Choltitz, nommé à la tête du Gross Paris. Pour Hitler, " Paris ne doit pas tomber aux mains de l'ennemi sauf sous l'aspect d'un champ de ruines".

La 2e DB
Craignant que les Allemands ne répriment les résistants parisiens, le général de Gaulle insiste auprès des Américains pour que la 2e DB marche sur Paris. Le 21 août, un envoyé de Rol-Tanguy réussit à traverser les lignes allemandes et à prévenir Leclerc : il faut une intervention des Alliés, sinon l’insurrection parisienne sera noyée dans le sang. Alors que les soldats du général von Choltitz tentent de reprendre le contrôle de la ville, le 22 août, le général Eisenhower accepte que la 2e DB, avec la 4e division américaine, fonce sur Paris. En fin d'après-midi, un avion léger Piper, piloté par le capitaine Callet de la 2e DB, survole la ville et son observateur, le lieutenant Mantoux, jette dans la cour de la préfecture de Police un papier lesté portant un message de Leclerc : « Tenez bon, nous arrivons ».

Le 23 août, au matin, la 2e DB, soutenue sur son flanc droit par la 4e DIUS, se met en route. Les Allemands ont formé une solide ligne de défense de Trappes à Fresnes, au sud de Paris. De violents combats ont lieu à Palaiseau, à Champlan, à Toussus-le-Noble, Jouy-en-Josas, Clamart, Longjumeau, Wissous, Fresnes, Antony. Le 24 août, l’ensemble de la division est bloqué par les « hérissons » allemands devant Paris.

Au carrefour de la Croix-de-Berny embouteillé par les véhicules de la division, le général Leclerc brusque l'avance de ses unités et décide, à 19 h 30, d'envoyer à Paris un détachement commandé par le capitaine Dronne avec 3 chars, des half-tracks et 150 hommes.
En ce 24 août 1944, à la nuit tombée, par la porte d'Italie, entrent ainsi dans Paris les premiers soldats de la 2e DB, ceux de la « Nueve » (9e compagnie du régiment de marche du Tchad) composée de 146 républicains espagnols ou d'hommes d'origine hispanique (sur un total de 160 soldats). Suivis de 3 chars Sherman du 501e régiment de chars de combat, Dronne atteint l'Hôtel de Ville à 20 h 45. Le capitaine rencontre Bidault, Luizet et Chaban-Delmas. La radio française annonce sur les ondes l'arrivée de la 2e DB. Le bourdon de Notre-Dame résonne.

Paris ne brûlera pas
Le 25, dès l'aube, la 2e DB entre dans Paris par les portes de Saint-Cloud, d'Orléans, de Gentilly, d'Italie. Leclerc franchit la porte d'Orléans, rencontre Chaban-Delmas place Denfert-Rochereau puis, par l'avenue du Maine, atteint la gare Montparnasse où il installe son poste de commandement. Parallèlement, la 4e DIUS entre dans Paris par la porte d'Italie.

L’accueil de la population parisienne, surprise de voir des soldats français, est enthousiaste. Harcelés, les Allemands se retranchent dans quelques points d’appui fortifiés. Mais les combats sont difficiles et meurtriers sur la place de la Concorde, la place de l’Etoile, la place de la République, à la Bastille, sur le boulevard Saint-Germain. Le plus important point d’appui sur la rive gauche est le Palais du Luxembourg, le Sénat, hérissé de petits blockhaus et gardé par des chars. De furieux combats opposent Allemands et résistants au jardin du Luxembourg et au palais.

L'hôtel Meurice est attaqué, von Choltitz et son état-major sont capturés. Vers 16 h, dans l'appartement de fonction du préfet Luizet, le général allemand  signe la convention de reddition. Conduit à la gare Montparnasse, il y signe l'ordre de cessez-le-feu transmis à la vingtaine de points d’appui allemands qui continuent à se battre. Le colonel Rol-Tanguy cosigne l'acte de capitulation.

Peu après, Leclerc expose la situation au général de Gaulle qui vient d'arriver. Alors que les membres du CNR et du CPL l'attendent à l'Hôtel de Ville, de Gaulle gagne le ministère de la guerre, rue saint-Dominique, pour assumer sa légitimité et signifier le rétablissement de l’autorité de l’Etat. Ce n'est que vers 19 h qu'il se rend à  l'Hôtel de ville, où il prononce un discours resté célèbre.

Paris libéré
Paris est libéré au prix d’un millier de tués et de blessés pour les FFI,  582 morts et plus de 2 000 blessés pour la population civile, tandis que la 2e DB a 156 tués et 225 blessés.  L'ennemi a perdu 3 200 tués et 12 800 prisonniers.

Le 26 août, le général de Gaulle se rend à l’arc de triomphe où il dépose une gerbe sur la tombe du soldat inconnu. Il descend ensuite les Champs-Elysées avec les membres du gouvernement, du Conseil national de la Résistance et des principaux chefs militaires français. Une foule immense de Parisiens ivres de joie acclame et légitime le général de Gaulle tout au long du parcours qui le mène jusqu’à Notre-Dame de Paris.

Grâce à la presse et aux radios anglo-saxonnes présentes sur place, le retentissement de l’événement est considérable dans le monde entier. Des scènes de joie se déroulent à New York, au Canada, dans les rues de Montevideo, de Buenos Aires. La libération de la Ville Lumière symbolise la prochaine défaite de l’Allemagne et du nazisme.

  • 25 août, combats à l'angle de l'avenue Victor Hugo et de la rue de Presbourg. Copyright Collection particulière

  • Au centre, le capitaine Dronne est le premier à être entré dans Paris, dans la nuit du 24 août 1944. A droite, le colonel de Langlade. Copyright Collection particulière

  • Le 26 août, devant l'arc de Triomphe, le général Leclerc. Copyright Collection particulière

  • L'accueil des Parisiennes aux marins du régiment blindé de fusiliers marins, le 26 août 1944. Copyright Collection particulière

  • Les chars légers du colonel de Langlade, sur les Champs-Elysées, le 26 août 1944. Copyright Collection particulière

  • Combat sur le petit pont, près de Notre-Dame de Paris, 25 août 1944. Copyright Collection particulière

  • Avenue de l'opéra, un jeep transporte un officier allemand venu pour donner l'ordre de reddition à des troupes qui continuent le combat. Copyright Collection particulière

  • Un char Sherman de la 2e DB entre à Paris, acclamé par des Parisiens. Copyright Collection particulière

  • Des civils se protègent derrière des canons automoteurs M-7 Priest de la 2e DB pour échapper aux de tireurs d’élite allemands qui ouvrent le feu depuis des immeubles. Paris, le 26 août 1944. Copyright IWM – BU 133

  • L'accueil des Parisiens aux soldats de Leclerc. Copyright Collection particulière

  • Le général de Gaulle descend les Champs-Elysées, le 26 août 1944. Il est accompagné des membres du GPRF, du CNR et des chefs militaires. À sa droite, André Le Troquer, commissaire aux territoires libérés. Copyright Collection particulière

  • Le général de Gaulle, le général Leclerc et d’autres officiers français dans la gare Montparnasse, le 25 août 1945. (QG FFI ?) Copyright IWM - BU 158

  • Le général de Gaulle marche dans les rues de Paris libéré, le 24 août 1944. Copyright IWM - BU 1

  • Dans Paris libéré, des Parisiens partagent un moment de convivialité avec des soldats britanniques, le 26 août 1944. Copyright IWM - BU 26

  • Une foule de Parisiens enthousiastes acclame des soldats britanniques. Paris, 26 août 1944. Copyright IWM - BU 21

  • Un canon automoteur M-7 Priest (105mm) de la 2e DB sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris, 26 août 1944. Copyright IWM - BU 127

  • Un canon automoteur M-7 Priest (105mm) de la 2e DB sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris, 26 août 1944. Copyright IWM - BU 129

  • Des Parisiens cherchent à s’abriter des tirs de tireurs d’élite allemands. Paris, 26 août 1944. Copyright IWM - BU 141

La libération des camps nazis

À partir de la mi-1944, la libération des camps nazis, camps de concentration et camps d’extermination, suit l’avancée des troupes alliées, en particulier soviétiques, à l’Est. La chronologie de la libération et de la découverte des camps nazis s’étend donc sur une longue période d’environ neuf mois. Ainsi, en juillet 1944, en Pologne, c’est l’Armée rouge qui libère le premier camp, celui de Majdanek, près de Lublin. Le 23 novembre 1944, les Américains de la 6e armée découvrent, en Alsace, le camp de Natzweiler-Struthof. Précédent l’arrivée des forces alliées, les Allemands avaient pris soin d’évacuer ces deux camps et de transférer leurs détenus vers d’autres camps, plus éloignés des lignes de front. Les détenus du camp alsacien sont en majorité transférés vers le camp de Dachau, mais d’autres sont dirigés vers des camps annexes du Struthof, comme Neckarelz, dans le Bade-Wurtemberg, vers d’autres camps comme Buchenwald, Sachsenhausen ou encore Ravensbrück, ce qui prolonge leur calvaire, la mortalité des déportés atteignant des taux terrifiants dans les derniers mois de la guerre. Partout dans le Reich pris en étau entre les Anglo-Américains et les Français, à l’Ouest, et les Soviétiques, à l’Est, les SS vident les camps à l’approche des Alliés. De juillet à décembre 1944, 137 000 prisonniers sont déportés vers les camps situés au cœur de l’Allemagne. Au cours de l’hiver 1944-1945, ce sont entre 250 000 et 350 000 déportés (dont plus de la moitié étaient des prisonniers juifs) qui succombent de faim, de froid ou sommairement abattus lors des 59 « marches de la mort » organisées par les SS. Bien souvent, les libérateurs découvrent donc des camps presque déserts mais présentant tous les mêmes caractéristiques : baraques, barbelés, miradors, fours crématoires qui permettent d’esquisser une première image de l’univers concentrationnaire et de son horreur. Dans les semaines qui suivent la capitulation allemande, les maladies comme le typhus continuent de décimer les derniers rescapés : ainsi, 13 000 prisonniers de Bergen-Belsen meurent du typhus, sur les 25 000 rescapés qui avaient été libérés par les Britanniques, en avril 1945.

 

Le 27 janvier 1945, les Soviétiques libèrent les quelques 7 000 détenus encore présents à Auschwitz-Birkenau, trop faibles pour être évacués. En effet, quelques jours auparavant, les 18 et 19 janvier, les SS avaient entraîné 58 000 déportés dans une longue marche de la mort vers l’Ouest. Camp de concentration (Auschwitz I), camp d’extermination (Auschwitz II-Birkenau) et camp de travail (Monowitz ou Auschwitz III), le complexe d’Auschwitz-Birkenau symbolise la Solution finale car il en est le lieu principal. En effet, sur les 1,3 million de personnes qui y ont été déportées, 1,1 million y sont mortes, dont 960 000 Juifs, 70 000 à 75 000 Polonais, 21 000 Tziganes, 15 000 prisonniers de guerre soviétiques et 10 000 à 15 000 détenus d’autres nationalités. Malgré les tentatives des SS pour effacer les traces de leurs crimes - le 26 novembre 1944, ils détruisent à l’explosif les chambres à gaz-crématoire de Birkenau - la monstrueuse réalité de la machine de mort nazie est mise à jour.

 

Après avoir été informé par ses services secrets des tueries perpétrées par les Einsatzgruppen à partir de la fin juin 1941 sur le territoire soviétique, le Premier ministre britannique Winston Churchill déclarait à la BBC le 22 août 1941 : « Nous sommes en présence d’un crime qui n’a pas de nom ». Le 10 novembre 1941, l’ambassadeur de France en Roumanie notait : « Aujourd’hui, il n’y a plus aucun doute qu’on est en présence d’un plan systématique d’extermination conçu depuis déjà quelque temps ». En mai 1942, un rapport est transmis au pape Pie XII. Rédigé par un abbé italien en mission secrète en Pologne, il expose les faits suivants : « Le combat contre les Juifs est implacable et s’intensifie constamment, avec des déportations et des exécutions massives. Le massacre des Juifs d’Ukraine est désormais presque achevé. En Pologne et en Allemagne, ils veulent en terminer aussi par un système de meurtres ». Le 2 juin 1942, toujours au micro de la BBC, Szmul Zygielbojm, représentant du Bund au sein du gouvernement polonais en exil, dénonçait le massacre systématique des Juifs de Pologne. Un an plus tard, en juillet 1943, un courrier du gouvernement polonais en exil, Jan Karski, était reçu à Washington par le président Roosevelt à qui il faisait un rapport détaillé de ce qu’il avait pu voir de ses propres yeux, lui qui était parvenu à s’introduire clandestinement à deux reprises dans le ghetto de Varsovie. Ainsi, depuis 1942, des informations sur le génocide des Juifs et sur l’univers concentrationnaire sont clairement parvenues jusqu’aux leaders alliés. Pour autant, pour les soldats, sur le terrain, la surprise et la consternation sont totales : jamais les libérateurs n’avaient pensé découvrir une telle horreur. Si les centres d’extermination de Chelmno, de Sobibor, de Majdanek et de Treblinka ont été détruits par les Allemands, le centre d’Auschwitz est encore en place, même si certaines installations (notamment les chambres à gaz-crématoires) ont été détruites. Il témoigne du crime total : les nazis ont voulu exterminer « industriellement » les Juifs d’Europe. Au total, plus de 5,8 millions de Juifs et 200 000 Tsiganes ont été assassinés, dont environ 3 millions dans les camps nazis.

 

Au-delà de sa dimension génocidaire, Auschwitz démontre également que des centaines de milliers de détenus, juifs, polonais, russes ou venus de toute l’Europe, ont été réduits en esclavage, soumis au sadisme de leurs gardiens SS et obligés de travailler jusqu’à la mort pour soutenir l’effort de guerre allemand.

 

Mais l’opinion publique occidentale, encore peu informée par la presse, n’a encore que très peu d’informations sur ces premiers camps découverts ou libérés par les Alliés. Des images ont été tournées par les Soviétiques à Majdanek et Auschwitz, mais elles ne sont pas montrées en France par peur des représailles allemandes contre ceux qui sont encore enfermés et par crainte d’un mouvement de panique dans les familles des déportés. Au rythme de leur avancée, les libérateurs mesurent peu à peu l’ampleur des crimes nazis. En avril sont libérés les camps de concentration de Buchenwald, de Nordhausen, de Dora, de Flossenbürg puis de Dachau par les Américains ; de Bergen-Belsen et de Neuengamme par les Britanniques ; de Vaihingen, camp annexe du Struthof, par les Français ; de Sachsenhausen, de Ravensbrück par les Soviétiques. Au début mai, ceux de Mauthausen par les Américains, de Gross-Rosen et de Theresienstadt par les Soviétiques.

 

 

Des centaines de milliers d’esclaves du système concentrationnaire nazi, hommes et femmes, sont enfin libres. Mais souvent, les détenus doivent rester confinés dans les camps : les Alliés craignent les épidémies, notamment le typhus qui ravage Bergen-Belsen, et instaurent une quarantaine difficilement supportable pour ceux qui espéraient pouvoir rapidement rentrer chez eux. Face à l’urgence de la situation, face à la misère humaine qu’ils découvrent, alors que les Allemands combattent toujours, les Alliés sont totalement dépourvus. Les unités sanitaires sont insuffisantes. À Dachau libéré, le général Leclerc met à la disposition des dirigeants du comité des déportés français l’unité médicale de la 2e DB.

 

 

Le 12 avril 1945, le général Eisenhower, général en chef des armées alliées, accompagné par les généraux Bradley et Patton, visite Ohrdruf, annexe du camp de Buchenwald, premier camp libéré par les Occidentaux en Allemagne, le 5 avril. Il veut tout voir. On lui montre tout : les amas de cadavres, les fours crématoires, les baraques sur lesquelles plane une odeur de mort, les survivants décharnés. Il affirme alors : « On nous dit que le soldat américain ne sait pas pourquoi il combat. Maintenant, au moins, il saura contre quoi il se bat ». Eisenhower fait venir des équipes de cinéma pour filmer l’inimaginable, pour exposer l’atroce réalité aux yeux de tous. L’univers concentrationnaire est alors révélé au monde entier et les journaux multiplient les reportages. En Allemagne occupée, les Alliés font parfois venir les populations civiles pour qu’elles ne puissent plus dire qu’elles ne savaient pas. Cela fait partie de l’entreprise de dénazification des esprits voulue par les vainqueurs. Les images font le tour du monde. En France, les actualités filmées, la radio et les journaux font découvrir aux Français l’horreur et la réalité de la barbarie nazie.

 

 

 

  • Allemagne, fin avril 1945. Des prisonniers de guerre français rencontrent des déportées libérées. Collection particulière

  • Le camp de Vaihingen libéré par les soldats français le 7 avril 1945. Il restait une centaine de rescapés qui purent être sauvés d'une mort certaine. Entouré de miradors, le camp était ceint de barbelés. Copyright ECPAD. Photographe Germaine Kanova - Réf. TERRE 10300-L19

  • Libération du camp de Vaihingen en Allemagne. Survivants libérés par les soldats français le 7 avril 1945. Copyright ECPAD. Photographe Cadin - Réf. TERRE 10288-R01

  • Camp de Vaihingen, avril 1945. Très éprouvé par la détention, un rescapé est photographié dans un block où les détenus s'entassaient à 3 ou 4 par châlit. Copyright ECPAD. Photographe Germaine Kanova - Réf. TERRE 10300-R01

  • Inscriptions indiquant l'emplacement des dépouilles de déportés juifs inhumées au camp de Vaihingen libéré par les soldats français le 7 avril 1945. Copyright ECPAD. Photographe Germaine Kanova - Réf. TERRE 10300-R06

  • Des infirmières et des soldats français du 49e régiment d'infanterie apportent les premiers secours aux survivants du camp de Vaihingen. Les camions les conduiront à l'hôpital ou les rapatrienront en France. Copyright ECPAD. Photographe Germaine Kanova - Réf. TERRE 10300-R17

  • Des infirmières et des soldats français du 49e régiment d'infanterie apportent les premiers secours aux survivants du camp de Vaihingen. Les camions les conduiront à l'hôpital ou les rapatrienront en France. Copyright ECPAD. Photographe Germaine Kanova - Réf. TERRE 10300-R06

  • Transport de la dépouille d'un déporté vers une fosse commune après la libération du camp de Vaihingen. A l'arrière-plan, un soldat de la 3e division d'infanterie algérienne. Copyright ECPAD. Photographe Cadin - Réf. TERRE 10288-R02

  • Au camp de Vaihingen, un détachement de soldats de la 3e division d'infanterie algérienne rend les honneurs à 12 prisonniers morts la veille, en présence de 4 notbles allemands. Copyright ECPAD. Photographe Cadin - Réf. TERRE 10288-R07

La Mounière – Maison des Mémoires de Septfonds

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Un village, petit par sa taille mais grand par son Histoire

A l’éclairage de la thématique du déplacement de populations, des valeurs d’accueil et d’hospitalité venez observer comment la présence du Camp de Judes, ouvert en 1939 pour l’accueil des réfugiés espagnols de la Retirada, a fait de Septfonds un haut lieu de mémoire des conflits de la Seconde Guerre mondiale. La Mounière permet aussi de comprendre comment le développement de l’activité chapelière au 19ème siècle a façonné l’architecture du village.

 

Partez à la rencontre des personnalités locales, dont certaines célèbres comme l’aviateur Dieudonné Costes, - un des pionniers de l’aviation et des traversées transatlantiques -  qui chacune, participe à la construction de l’histoire et du patrimoine de Septfonds.

 

La Mounière propose un espace scénographique de découverte interactive, centré sur le multimédia. Deux parcours extérieurs permettent de prolonger la visite, l’un autour des sites mémoriels de la commune, liés au Camp de Judes, l’autre autour de la thématique chapelière et de son empreinte architecturale.

 

L’accueil du jeune public est au cœur de la médiation.

 

Les contenus sont traduits en espagnol et en anglais.

  • ©La Mounière – Maison des Mémoires de Septfonds

  • ©La Mounière – Maison des Mémoires de Septfonds

  • Construction des baraquements-mars 1939-11. ©Archives départementales du Tarn et Garonne, coll. particulière, cote 1 NUM 147-8

  • Vue générale du camp. ©Archives départementales du Tarn et Garonne, coll. particulière, cote 1 NUM 147-9

 

Sources : ©La Mounière – Maison des Mémoires de Septfonds

 

 

La Mounière | Maison des Mémoires de Septfonds

15 Rue des Déportés - 82240 Septfonds - Mail : lamouniere@septfonds.fr
Tél. : 05 63 64 90 27 - Port : 06 70 36 86 90

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Musée d’Histoire Jean Garcin : 39-45 L’Appel de la Liberté

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Ouvert en 1990, le musée recrée par le biais d'une approche pluridisciplinaire - historique, littéraire et artistique - toute une époque de l'avant-guerre à la Libération.

Une collection de plus de 10 000 pièces, objets et documents, évoque, dans des décors cinématographiques inspirés du réalisme poétique, la vie quotidienne des Français sous l'Occupation puis une présentation de la Résistance en Vaucluse, au sein de la geste nationale, appréhende, à travers le récit et les témoignages des acteurs de l'événement, les motivations profondes des comportements ; enfin une troisième section : "la liberté de l'Esprit" propose une réflexion en profondeur sur "l'intelligence en guerre", les idéaux de la Résistance, leur enseignement et leur signification. Elle rassemble nombre d'éditions clandestines, soumises à la censure ou provenant de l'étranger, de revues militantes, de manuscrits de René Char, Georges Rouault, André Breton… et d'œuvres originales de Henri Matisse, Joan Miró…

Le musée c'est aussi : 

  • un centre de documentation et de recherche (ouvert à tous sur rendez-vous) qui propose la consultation d’informations et d’archives sur tous supports, l’emprunt et la reproduction de documents.
  • une librairie avec des ouvrages traitant de la période 1939-1945 (ouvrages généraux, thématiques, nouveautés)
  • un auditorium et une salle de projection disponibles sur réservation pour les colloques, séminaires et expositions.

Vous pouvez visiter le musée librement, sur rendez-vous toute l'année pour les groupes (10 personnes minimum).

Le musée met gratuitement à disposition des visiteurs des audioguides en français, anglais ou allemand.

Des visites commentées, des livrets scénarisés et des ateliers pédagogiques (pratiques artistiques, écritures, philosophie...) permettent une visite personnalisée aux groupes scolaires des différents niveaux. Des parcours inédits autour des collections du musée ou du thème relatif au concours national de la résistance et de la déportation peuvent être organisés sur demande auprès du service éducatif.

 

Sources : ©Musée d’Histoire Jean Garcin : 39-45 L’Appel de la Liberté

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Lieu de Mémoire au Chambon-sur-Lignon

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Plaquette à consulter   ► Page Facebook

Un lieu unique dédié à l’histoire des Justes et des résistances pendant la Seconde Guerre mondiale.

 


 

Consulter l'offre pédagogique >>> 

 


 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, entre Haute-Loire et Ardèche, le Chambon-sur-Lignon et les villages alentours ont accueilli et aidé de nombreux réfugiés, la plupart juifs pourchassés dans une Europe sous le joug nazi. C’est pour transmettre les valeurs d’humanité et d’engagement qui ont permis ce sauvetage à grande échelle que le Lieu de Mémoire a ouvert en juin 2013.

 

Un Lieu de mémoire, d’histoire et d’éducation :

 

Le parcours historique s’organise autour des différentes formes de résistances : civile, spirituelle et armée. Il est complété par une salle mémorielle où des écrans tactiles permettent de visionner des témoignages de sauveteurs, réfugiés et résistants. Les outils multimédias facilitent la compréhension des événements, même pour les plus jeunes.

 

 

 

Sources : ©Lieu de Mémoire au Chambon-sur-Lignon - ©Luc Olivier – MDDT43

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Le 8 Mai

Fête de la victoire de 1945

La célébration de ce jour de victoire a considérablement évolué jusqu'en 1981, date à partir de laquelle
un consensus s'est fait pour consacrer le 8 mai jour férié et jour de fête nationale.
 > Fac-similé JO du 03/10/1981, page 02698

Consulter le dossier de la revue Les Chemins de la Mémoire #249

La capitulation allemande

 

Signature de l'acte de capitulation des armées allemandes, à Reims, le 7 mai 1945. Les signataires en sont : le général Bedell Smith pour le commandement
suprême allié,
 le général Sousloparov pour l'Union soviétique, le général Sevez pour la France et le général Jodl pour l'Allemagne – Cap-Viollet

 

 

 

La signature du général Sevez, chef d'état major du général de Gaulle, sur l'acte de capitulation allemande, le 7 mai 1945, à Reims.
Source : U.S. federal government. Photo libre de droit

 

 

Manifestation populaire pour la victoire, 8 mai 1945, Paris, place de l'Opéra – Lapi-Viollet

 

Le 8 mai, à 15 h 00, les cloches de toutes les églises sonnent officiellement la fin de la guerre tandis que le général de Gaulle en fait l'annonce radiophonique. La population laisse éclater sa joie.

 

 Les cérémonies à l'Arc de Triomphe, le 8 mai 1945. Source : ECPAD

 

Le 8 mai après-midi et le 9 mai sont déclarés exceptionnellement fériés. La foule envahit les rues, entonnant la "Marseillaise" et des chants patriotiques. Toutefois, la date du 8 mai ne marque pas la fin de la présence militaire allemande sur l'ensemble du territoire, les dernières poches de résistance - Dunkerque, Lorient, Saint-Nazaire - ne tombant que les jours suivant la capitulation du Reich. Surtout, la victoire ne peut effacer ni les atrocités commises par l'Allemagne nazie, ni ces années durant lesquelles la population s'est trouvée confrontée à des choix qui l'ont divisée.

 

 

Une marée humaine dans les rues de la capitale. Source : ECPAD

 

Le 8 mai, de 1945 à nos jours : ce jour de victoire devient un jour férié et une fête nationale

 

Dès 1945, le général de Gaulle préfère réunir les Français dans de grandes célébrations patriotiques, telle la commémoration du 16 mai, à l'occasion de la fête de Jeanne d'Arc, ou celle du 11 novembre. Le général de Gaulle d'une part, les communistes d'autre part, pour des raisons différentes, insistent en effet sur le caractère indissociable des deux conflits mondiaux et considèrent de ce fait qu'il conviendrait de célébrer une victoire unique. Jusqu'au milieu des années 1950, les commémorations de la Première Guerre mondiale restent les plus importantes.

 

Ainsi à l'origine, la question s'est posée de savoir s'il convenait d'instaurer une journée commémorative unique pour les deux conflits mondiaux ou de célébrer les deux dates avec la même solennité.

 

Les diverses modalités de la commémoration du 8 mai 1945 témoignent de ce débat.

 

 

1946 : la loi consacre le dimanche 8 mai, ou le dimanche suivant, pour célébrer la victoire

 

Cérémonies du 8 mai 1946 à l'Arc de Triomphe – Collection Viollet

 

La loi n° 46-934 du 7 mai 1946, adoptée sous la présidence du gouvernement provisoire de Félix Gouin par l'Assemblée constituante, pose le principe de la commémoration de la victoire et en fixe la date.

 

"Article unique : La commémoration de la victoire remportée par les armées françaises et alliées le 8 mai 1945 sera célébrée le 8 mai de chaque année si ce jour est un dimanche et, dans le cas contraire, le premier dimanche qui suivra cette date."

 

Le 8 mai s'inscrit parmi d'autres journées commémoratives telles que le 18 juin (anniversaire de l'appel du général de Gaulle de Londres), la Libération de Paris ou, surtout, le 11 novembre, qui rassemblent la population autour de grandes manifestations.

 

Cependant, la commémoration de la victoire, repoussée le cas échéant au dimanche suivant, se trouve d'emblée captée par la fête de Jeanne d'Arc, commémorée le même jour. Aussi, dès 1947, les associations de résistants et de déportés font entendre leur souhait de voir la victoire célébrée à son jour anniversaire et organisent leur cérémonie à cette date.

 

8 mai 1947, anciens combattants ranimant la flamme à l'Arc de Triomphe – Lapi-Viollet

 

 

1953 : le 8 mai devient un jour férié

 

Par la loi n° 53-225 du 20 mars 1953, d'origine parlementaire, le 8 mai devient un jour férié. Il peut de ce fait s'imposer comme date symbolique de la Seconde Guerre mondiale, au même titre que le 11 novembre pour la Première Guerre mondiale.

 

Ce consensus difficilement établi est cependant compromis par un certain nombre d'événements, comme la coïncidence avec le désastre de Diên Biên Phu en 1954, les divisions engendrées par la guerre d'Algérie dès 1955, en particulier les manifestations des Français d'Algérie demandant le retour au pouvoir du général de Gaulle le 13 mai 1958...

 

Cérémonies du 8 mai 1954 à Paris, défilé rue de Rivoli – Lapi-Viollet



1959 : la loi consacre le deuxième dimanche de mai pour célébrer la victoire

 

Afin de limiter le nombre des jours fériés en mai, le décret n° 59-533 du 11 avril 1959, renouant avec l'esprit de la loi de 1946, prévoit que la victoire de 1945 sera célébrée le deuxième dimanche du mois de mai. Cette décision suscite de nombreuses protestations parmi les anciens combattants qui continuent à commémorer la victoire le 8 mai. La plupart d'entre eux ne vont pas aux cérémonies officielles.

 

Cérémonies du 8 mai 1960 à l'Arc de Triomphe – Lapi-Viollet

 

 

Le 8 mai 1965 : jour exceptionnellement férié pour le 20ème anniversaire de la victoire

Par dérogation, pour le 20e anniversaire, le 8 mai 1965 est exceptionnellement déclaré férié par décret du 1er avril 1965.

 

Jusqu'en 1981 : nouveaux débats sur la façon de célébrer la victoire du 8 mai 1945

Pour répondre au souhait des anciens combattants de voir la victoire célébrée à sa date anniversaire sans augmenter le nombre des jours fériés en mai, un décret du 17 janvier 1968 prévoit une célébration annuelle à nouveau fixée à la date du 8 mai, mais en fin de journée.

 

Cérémonies du 8 mai 1970 à l'Arc de Triomphe – Lapi-Viollet

 

En 1975, le président de la République en exercice, Valéry Giscard d'Estaing, prend la décision de ne plus conférer un caractère gouvernemental à cette cérémonie en supprimant la commémoration officielle et nationale. Il propose d'y substituer une journée de l'Europe tandis que le gouvernement envisage l'idée de faire du 11 novembre une journée nationale du souvenir. Motivée par une volonté de réconciliation franco-allemande, cette décision s'inscrit dans une perspective européenne. Elle provoque toutefois de vives réactions et entraîne des protestations, tant dans le monde politique que chez les anciens combattants qui souhaitent depuis longtemps, pour nombre d'entre eux, que le 8 mai soit commémoré à l'égal du 11 novembre.

 

Le Président Giscard d'Estaing à Londres le 8 mai 1977 ©Archives nationales

 

Ainsi, jusqu'en 1981, un grand nombre de communes ont continué à célébrer officiellement le 8 mai à sa date anniversaire.

 

A partir de 1981 : le 8 mai est déclaré jour férié, puis jour de fête nationale

 

Par modification du Code du travail, la loi n° 81-893 du 2 octobre 1981 ajoute le 8 mai à la liste des jours fériés.

 

En 1982, après de nombreux débats, la commémoration est reconnue comme une fête nationale. Cette "journée de la liberté", fériée et chômée, doit être abondamment présentée dans les écoles et les universités et les commémorations qui la ponctuent faire l'objet d'une large couverture médiatique.

 

Affiche réalisée en 1985 par Raymond Moretti pour le secrétariat d'État chargé des anciens combattants et victimes de guerre
Cérémonie le 8 mai 2005 à l'Arc de Triomphe - Drapeaux internationaux portés par des jeunes

 

Le 8 mai reste ainsi une date symbolique, célébrée par presque toutes les communes. Commémoration nationale, il s'est progressivement imposé comme un second 11 novembre, auquel il emprunte une grande part de son rituel. Lors de cette journée, l'ensemble des événements de la Seconde Guerre mondiale est commémoré : aussi bien la victoire des Alliés que la fin de l'oppression nazie sur l'Europe...

 

Arc de Triomphe. © J. Robert

 

Aujourd'hui, l'unité semble se faire autour du message à transmettre : la lutte pour la liberté et la démocratie.

 

Fort de Metz-Queuleu

Camps de prisonniers, Camp de concentration, Camp spécial, Centre de Séjour Surveillé

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Le fort de Queuleu appartient à la première ceinture fortifiée de Metz. Les travaux de construction, commencés par les Français entre 1867 et 1868, ont été en grande partie repris par les Allemands pendant l’Annexion.

 

Entre octobre 1943 et août 1944, un camp spécial géré par la Gestapo est installé dans la Caserne II/Casemate A. Le camp voit l’internement de résistants, saboteurs, passeurs, réfractaires et otages.

 

Les conditions d’internement sont terribles : les prisonniers sont interrogés sous la torture et sont parqués les yeux bandés avec les pieds et mains liés. Trente-six personnes y succomberont et quatre personnes réussirent à s'évader.

 

Entre 1 500 à 1 800 prisonniers y seront internés avant d’être envoyés en camps de concentration et en prison ou condamné à mort. A la Libération, un Centre de Séjour Surveillé y est établi entre décembre 1944 et mars 1946.

 

Un fort français modifié par les Allemands de la première ceinture de la défense de Metz (1867-1918)

 

Le fort de Queuleu appartient à la première ceinture fortifiée liée à la défense de la ville de Metz. Les travaux de construction, commencés par les Français pendant le Second Empire en 1867, ont été en grande partie repris par les Allemands pendant la première annexion suite à la défaite de 1870-1871. Le fort avait été occupé par les troupes françaises pendant le siège de la ville entre août et octobre 1870. Les casernes, poudrières, positions d’artillerie, batteries annexes, galeries de contre-mines, abris témoignent de l’évolution de l’architecture militaire et des progrès de l’armement entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Par ailleurs, la Caserne centrale de cavalier constitue un très important témoignage de l’architecture de type Serré des Rivières à Metz.

 

Avec la construction de la deuxième ceinture fortifiée de Metz à partir de 1899, le fort de Queuleu perd cependant de son intérêt stratégique et les aménagements qui y sont alors effectués sont légers. Le fort a donc conservé son aspect de la seconde moitié du XIXe siècle.

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, un camp allemand de prisonniers de guerre français y est vraisemblablement installé mais les informations disponibles à ce sujet sont rares. Un réseau complexe de tranchées, conservé à l’extérieur de l’enceinte du fort témoigne des aménagements allemands liés à la défense de Metz entre 1914 et 1918.

 

Un camp de concentration nazi à Metz (1943-1944)

 

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le fort sert de casernement pour les soldats de la Ligne Maginot. Suite à défaite de 1940, le fort est brièvement utilisé comme camp de détention pour prisonniers de guerre (Stalag). Puis entre mars 1943 et septembre 1944, le camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin) y installe une annexe (KZ-Außenkommando) principalement destinée au service des SS. Une centaine de prisonniers, principalement des Allemands de droit commun et des Polonais, y est rattachée. Certains participent à des travaux sur l’aérodrome de Metz-Frescaty. Il s’agit d’une des annexes de camp de concentration située la plus à l’ouest du Reich.

 

Un camp spécial au centre de la répression nazie en Moselle (1943-1944)

 

Entre octobre 1943 et août 1944, un camp spécial (Sonderlager) géré par la Gestapo est installé dans la Caserne II. Entre 1500 et 1800 prisonniers (femmes et hommes) y sont interrogés et internés avant d’être envoyés dans des camps de concentration (Natzweiler-Struthof, Dachau…), de redressement (Schirmeck) ou des prisons. Le camp spécial du fort de Queuleu voit l’internement de résistants, saboteurs, passeurs, réfractaires, otages et prisonniers russes. La plupart sont enfermés dans des cellules collectives surpeuplées, sans possibilité de se laver ni parler ni bouger sous la féroce surveillance des gardiens SS et du commandant Georg Hempen. Les chefs de la résistance sont isolés dans des cellules individuelles, cachots sombres et humides auxquels seul le commandant peut accéder. Les officiers de police « industrialisent » l’interrogatoire et utilisent la torture. Les conditions d’internement sont terribles et la plupart des prisonniers sont parqués les yeux bandés avec les pieds et mains liés. Trente-six personnes succombent dans le fort et quatre personnes réussissent à s’évader en avril 1944.

 

Un important témoin de la bataille de Metz (1944)

 

Lors de la libération de Metz, le fort connaît son baptême du feu entre le 17 et le 21 novembre 1944 lors de combats opposant l’armée américaine aux troupes allemandes assistées par le Volksturm (civils armés, vétérans de la Première Guerre Mondiale, membres de la Jeunesse Hitlérienne…) retranchées dans le fort. Ce dernier est bombardé et subit d’importants dommages avant de se rendre.

 

 

Un des plus grands Centre de Séjour Surveillé (1944-1946)

 

 

Un Centre de Séjour Surveillé est établi par l’administration française dans le fort entre décembre 1944 et mars 1946. D’abord réservé aux civils allemands et à leurs familles, le site sert aussi de lieu de détention aux internés administratifs arrêtés pour motifs de collaboration, propagande, antipatriotisme ou dénonciation (jusqu’à 4400 personnes y furent internées). Il s’agit d’un des centres les plus importants de ce type installé sur le territoire français. Des étrangers de différentes nationalités y sont internés (Allemands, Espagnols, Français, Italiens, Luxembourgeois, Polonais, Yougoslaves…).

 

Un camp de prisonniers allemands de guerre (1946-1947)

 

Entre 1946 et 1947, le fort de Queuleu accueille un camp de prisonniers où sont enfermés des soldats allemands. Ce détachement, formé le 1er juin 1946, dépend du dépôt de prisonniers de guerre 211 de Metz. Géré par M. Massu, le camp est visité le 13 février 1947 par la Croix Rouge. 145 prisonniers sont alors logés dans la Caserne II/Casemate A du fort. Les locaux sont chauffés, les rations sont suffisantes et de l’eau chaude est disponible pour la toilette. Une infirmerie est gérée par le Dr. Dietrich Ostler. Les prisonniers sont affectés au déchargement de wagons, au nettoyage d’un canal et au transport de matériaux de construction.

 

Un camp de travailleurs indochinois (1948-1950)

 

Afin de remplacer la main-d’œuvre mobilisée, le « plan Mandel » élaboré en 1938 par Georges Mandel alors ministre des colonies prévoyait la mobilisation de travailleurs coloniaux destinés à renforcer les manques liés à la mobilisation des hommes. Environ 20000 travailleurs indochinois arrivent en France au début de la Seconde Guerre Mondiale. Le Service de la main-d’œuvre indigène nord-africaine et coloniale (MOI) est chargé au sein du ministère du travail de recruter les travailleurs coloniaux requis, de les acheminer par bateaux et de les mettre au service des industries de la défense nationale. La majorité des recrutements est effectuée de force au sein de la paysannerie pauvre des protectorats de l’Annam, du Tonkin et de la colonie cochinchinoise. Ces ouvriers non spécialisés sont pour la plupart employés à des travaux forestiers, agricoles et industriels notamment dans les usines d’armement et les poudrières. Après la défaite française, ils sont logés dans d’immenses camps de la zone libre et soumis à une discipline militaire ainsi qu’à des conditions de vie très dures. À la Libération, la majorité de ces hommes aspire à un rapatriement rapide, reporté à cause de la désorganisation de l’après-guerre et des événements qui affectent l’Indochine française. Ainsi, quelques centaines de travailleurs indochinois stationnent dans le fort de Queuleu entre 1948 et 1950 : 537 en octobre 1948, 438 en décembre 1948, 323 en mars 1949, 296 en avril 1949, 188 en mai 1949, 163 en août 1949, 176 en septembre 1949, 213 en octobre 1949, 156 en décembre 1949, 191 en janvier 1950, 35 en avril 1950 (les rapatriements vers le Viet Nam s'accélèrent à cette période), 79 en mai 1950. A la souffrance de l’exil, succèdent alors l’exaspération et la colère. En écho au mouvement indépendantiste vietminh en Indochine, les travailleurs indochinois revendiquent en métropole leur émancipation et l’égalité des droits avec les autres travailleurs. Quelques graffitis témoignent encore aujourd'hui de leur présence dans le fort de Queuleu.

 

Le lieu de mémoire (depuis 1971)

 

Situé à l’entrée du fort, le monument de la résistance et de la déportation, inauguré le 20 novembre 1977 marque l’entrée du lieu de mémoire. Cette flamme qui renferme les cendres d’un déporté inconnu a été réalisée par l’architecte messin de la reconstruction Roger Zonca qui participa à la reconstruction de la région.
 

Depuis 1971, la sauvegarde et la mise en valeur du fort de Queuleu à Metz est confiée à l'Association du Fort de Metz-Queuleu pour la mémoire des internés-déportés et la sauvegarde du site (anciennement Amicale des anciens déportés du fort de Queuleu et de leurs familles) constituée de bénévoles.

  
 
  
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De gauche à droite : Grille d’entrée et entrée du camp spécial nazi - Cellules
- Partie endommagée par les bombardements de 1944 - Bureau du commandant
- Couloir du camp - Passerelle d’accès principale du fort de Queuleu.

 

Bulletin d'adhésion

 

 

Sources : ©Fort de Metz-Queuleu

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Plaquettes lieux de mémoire

à consulter en ligne

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La DPMA et l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG), chargé de l’entretien de ses lieux de mémoire, présente une offre touristique complète autour des lieux de mémoire et des nécropoles nationales du ministère des armées, deuxième acteur culturel de l’État.

 

Les sites de mémoire français ont rassemblé en 2013 plus de sept millions de visiteurs, dont un tiers de visiteurs étrangers et plus d'un million de scolaires.

Source : Ministère des Armées - SGA/DPMA/ONAC-VG - Créations visuelles : © PASCAL ILIC Directeur artistique / Graphiste › - © STÉPHANNE PARINAUD Maquettiste / Graphiste › (SGA/COM)

Questions à Jean Tulard : D’un régime à l’autre.

 

1-      Homme d’ordre mais fomenteur de coups d’État, garant de l’héritage républicain mais empereur, combattant et gestionnaire, Napoléon est un personnage complexe. Comment qualifier son régime ?

 

A Sainte-Hélène, Napoléon a lui-même qualifié son régime de « dictature de salut public ». A Rome, quand la République était menacée, on investissait de tous les pouvoirs un dictateur qui redressait la situation puis abandonnait ses pouvoirs. Ce fut le cas du mythique Cincinnatus.

 

S’il n’y avait pas eu le coup d’Etat de Brumaire, un autre coup d’Etat- royaliste celui-là – aurait restauré Louis XVIII qui, dans sa proclamation de Vérone en 1795, annonçait un rétablissement pur et simple de l’Ancien Régime, comme s’il n’y avait pas eu de révolution. Bonaparte en sauve les conquêtes : l’égalité, la destruction de la féodalité, la vente des biens nationaux (ce gigantesque transfert de propriétés)…Il redresse la situation militaire, signant la paix d’Amiens qui met fin à la guerre en Europe, il renfloue les finances publiques et sort la France de l’anarchie en lui donnant de nouvelles institutions (préfets, conseil d’Etat…). C’est mieux que Cincinnatus. Et lorsqu’il prête serment au moment du sacre en 1804, il déclare : « je jure de maintenir l’intégrité du territoire de la République ».

 

Le Sacre de Napoléon, de Jacques-Louis David – Cette scène montre le moment où Napoléon prend des mains de Pie VII la couronne impériale pour en coiffer sa femme l’impératrice Joséphine.

 

 

S’il s’était retiré au début de 1803, il eût offert le portrait du « sauveur » idéal. C’est ce qu’attendait Beethoven.

Il y a eu dérive monarchique. Talleyrand l’y a encouragé. Il fallait faire face à la haine des monarchies européennes à l’égard de la Révolution et d’une République

 

Talleyrand en habit de grand chambellan (détail), par Pierre-Paul Prud'hon, portrait version rouge de 1807 (Musée Carnavalet de Paris)

 

Habiller cette République en monarchie impériale, n’était-ce pas le plus sûr moyen de désarmer l’hostilité des souverains et de sauver ainsi les conquêtes de la Révolution ?

 

 

2-      Comment expliquer la chute de l’Empire ?

 

Par la défaite. Napoléon n’a d’autre légitimité que d’être un rempart. Il l’explique à Metternich : les autres monarques peuvent connaître la défaite sans perdre leur trône, lui non. Pour les pays annexés, il a commis l’erreur de ne pas faire de référendum, une forme de consultation où il excellait. Ces conquêtes auraient été légitimées. De l’Espagne au duché d’Oldenbourg, il a oublié le principe proclamé par les révolutionnaires du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En Allemagne, comme en Italie, en Espagne comme en Hollande, le Grand Empire a été emporté par des réactions nationales. 

 

 

3-      Pourquoi la dynastie napoléonienne ne s’est-elle pas imposée ?

 

Le temps a manqué et un héritier est né trop tard. Pour qu’une dynastie s’implante, il faut au moins deux générations. Bernadotte réussira en Suède. On peut se demander si, en France, il n’y avait pas une lassitude à l’égard de la monarchie. Les Bourbons durent quinze ans (1815-1830), Louis-Philippe, l’Orléans dix-huit ans à peine (juillet 1830-février 1848). De toute façon, au moment de l’affaire Malet où l’annonce- fausse- de la mort de Napoléon, les autorités oublient son héritier, le Roi de Rome, qui venait de naître. Cela prouve que l’on ne considérait pas qu’il existait une dynastie des Bonaparte. Napoléon est un simple dictateur.

 

Portrait du roi de Rome. Anonyme du XIXe siècle. Source : Sainte Hélène, collection Napoléon Bonaparte, 1821 ; Rome, collection Letizia Bonaparte, leguée en 1836 son frère ; Rome, collection du cardinal Fesch; légué par le cardinal Fesch à la ville d'Ajaccio en 1839; transaction entre le comte de Survilliers (Joseph Bonaparte) et la ville d'Ajaccio en 1842.

 

 

4-      Dans quel état se trouve la France en 1815 ?

 

 

La nouvelle Europe de 1815. Source : Domaine public.

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La France n’est pas ruinée financièrement car la guerre a subventionné la guerre. Napoléon exigeait des indemnités énormes des pays vaincus. La France est ramenée à ses anciennes frontières (ou à peu près). Elle reste une grande nation grâce à Talleyrand dont le rôle au congrès de Vienne est remarquable.

 

 

5-      Champ de bataille diplomatique, le congrès de Vienne a donné naissance à un nouvel ordre européen. Celui-ci, basé sur la légitimité monarchique, propose un équilibre des puissances continentales qui semble pourtant ignorer les aspirations des peuples. Quelles en seront les conséquences ?

 

Le principe du congrès de Vienne a été le rétablissement des anciennes dynasties, notamment en Italie, en négligeant le sentiment national qui s’était réveillé sur le continent en 1813. La Pologne est soumise à la Russie, la Belgique réunie à la Hollande…autant d’erreur. L’œuvre du congrès de Vienne sera ébranlée par les révolutions de 1830 et emportée par celles de 1848.

 

 

6-      Quel est le legs Napoléonien à la France ? Que reste-t-il aujourd’hui de son héritage ?

 

De Napoléon, il reste aujourd’hui les institutions (préfets, conseil d’Etat, Cour des Comptes, recteurs, etc…), les codes (mais remaniés), les monuments (colonne Vendôme, Arc du Carrousel…)…et la gloire militaire. 

 

Napoléon à Sainte-Hélène.

 

               7-      A son apogée le grand Empire était constitué de 134 départements. Une véritable France aux dimensions de l’Europe qui semble ingouvernable. Comment Napoléon exerçait-il son autorité ?

 

Tout partait de Napoléon, tout arrivait à Napoléon. A la veille de la bataille de Leipzig, en 1813, il signe des pensions pour des veuves de commissaires de police et approuve des élections à l’Institut, alors que va se jouer le sort de l’Allemagne.

 

 

8-      Centralisation monarchique contrariée par le poids des provinces et des privilèges. Centralisation d’inspiration jacobine contrariée à son tour par le fédéralisme girondin et par la réaction royaliste vendéenne. La France semble hésiter entre ces modes de gestion. Comment Napoléon concevait-il l’organisation de l’Etat ?

 

Napoléon était partisan d’un pouvoir fort et centralisé. Les préfets sont ses représentants dans les départements et ne disposent d’aucune liberté d’action. Toutefois, à Sainte-Hélène, Napoléon dira qu’au retour de la paix, il aurait relâché les rênes de ce pouvoir. En réalité, il s’agit probablement d’une concession à l’égard des idées libérales en plein essor en France.

 

 

9-      Après les lois de décentralisation de 1982, la réforme constitutionnelle de 2003 ou la RGPP de 2007, que reste-t-il de l’État napoléonien ?

 

L’enchevêtrement des institutions qui composent le « millefeuille » des collectivités territoriales a laissé à peu près intacte l’autorité de l’Etat. Le département a encore de beaux jours devant lui.

 

 

Revue "Les Chemins de la Mémoire"

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