Indochine 1954

Il y a soixante ans, l’armée française livrait, au cours de combats acharnés à Diên Biên Phu, sa dernière bataille majeure en Indochine. Alors que s’ouvre la conférence internationale de Genève, cette défaite précipite la fin de la guerre et celle de la présence française dans la région.

Entraînement d'un escadron blindé de l'armée vietnamienne.
Entraînement d'un escadron blindé de l'armée vietnamienne. - © ECPAD

Le 7 mai 1954, après 56 jours de combats, le camp retranché de Diên Biên Phu succombe. Le lendemain, les journaux métropolitains s’emparent de l’événement et la défaite française s’étale en caractère gras sur toutes les manchettes. Une partie de l’opinion publique est saisie de stupeur et d’incompréhension : la guerre d’Indochine s’est rappelée à la France d’une façon bien cruelle en ce jour anniversaire de la capitulation allemande. La classe politique de la IVe République - à l’exception peut-être des communistes - comme beaucoup de militaires peu au fait des réalités indochinoises se posent la question qui, bientôt, deviendra célèbre : "Pourquoi Diên Biên Phu ?".

 

L’ARMÉE FRANÇAISE DANS L’IMPASSE

 

"De l’autre côté de la colline", la victoire de l’armée populaire vietnamienne (APV) est célébrée avec ferveur. Pour tous les Vietnamiens ayant épousé la cause viêt-minh, Diên Biên Phu représente un pas important vers la paix, tandis que chez bon nombre de peuples encore colonisés, elle devient un symbole d’espoir. Pourtant, pour Paris, la chute du camp retranché de Diên Biên Phu ne constitue pas un handicap insurmontable puisque les forces engagées - et donc perdues - au cours de la bataille ne dépassent pas plus de 3,3% des 450 000 combattants que la France et ses alliés entretiennent alors face au Viêt-Minh. En réalité, le choc psychologique est tel qu’il renforce encore davantage la volonté politique de mettre un terme au conflit et accélère sa conclusion.

 

Au printemps 1953, le conflit indochinois est entré dans sa huitième année. Les nombreux gouvernements qui se sont succédé n’ont jamais vraiment déterminé de buts de guerre clairement définis. S’il n’est plus question désormais de restaurer l’ordre colonial ancien, s’agit-il de construire une véritable Union française, qui serait à tout point de vue un fardeau pour le pays, ou encore de lutter au nom du «monde libre» contre le communisme international ? Personne ne le sait vraiment mais, pour beaucoup d’officiers, il fait peu de doutes que, victorieuse ou vaincue, la France devra partir à brève échéance.

 

D’un point de vue militaire, la guerre est dans une impasse. Depuis 1946, les Français ont progressivement perdu l’initiative face au Viêt-Minh et le commandement militaire se contente de parer les coups, avec plus ou moins de succès. Les victoires "l’année de Lattre" - 1951 - paraissent bien lointaines et l’année 1952 n’a été marquée par aucune avancée significative.

 

Les communiqués de victoire au lendemain de la bataille de Na San ne doivent pas occulter le fait que le succès défensif obtenu n’a, en réalité, rien de satisfaisant. Comme l’écrira le maréchal Juin un an après les événements : "nous nous en sommes tirés grâce à la valeur de notre commandement et de nos troupes, mais il n’en reste pas moins que les résultats [sont] médiocres".

 

TROUVER "UNE PORTE DE SORTIE HONORABLE" AU CONFLIT

 

De fait, même le général Gilles qui commandait à Na San aurait déclaré à son état-major : "Jamais, jamais plus, se remettre dans des conditions semblables"… Si au Sud-Vietnam des progrès certains sont enregistrés dans la pacification permettant de transférer quelques provinces aux bataillons de l’armée nationale vietnamienne, au Centre-Annam, et plus encore au nord du pays, la menace que fait peser un corps de bataille viêt-minh, de plus en plus puissant, laisse mal augurer de l’avenir. La situation ne cesse de se dégrader et le "pourrissement" du delta du Tonkin, comme l’appellent les militaires, s’accentue chaque mois si bien qu’à la fin de cette année-là, un général pouvait écrire avec une certaine ironie : "Ce n’est pas le Viêt-Minh qui est infiltré dans le delta, mais nous"… L’occasion d’"en finir" avec le conflit, devenu par ailleurs un véritable gouffre financier, est dans de nombreux esprits parmi les responsables politiques de la IVe République. C’est René Mayer, président du Conseil entre le 8 janvier et le 28 juin 1953, qui va se charger de mettre en place une politique nouvelle avec la ferme intention de sortir du guêpier indochinois.

 

Cette volonté de changement se traduit immédiatement par le remplacement du général Salan. Ce dernier est certes l'un des meilleurs connaisseurs de l'Indochine comme de l’adversaire, mais sa stratégie est contestée - particulièrement par les Américains qui le jugent trop "timide" et pas assez "offensif" - et surtout il convient de trouver un homme chargé de mettre en place une nouvelle politique. Cet homme, ce sera le général Henri Navarre, nommé commandant en chef le 8 mai 1953, dont la méconnaissance totale de l’Indochine doit permettre, lui assure-t-on, d’appréhender la situation avec des "yeux neufs". La mission du général Navarre est claire : il s’agit de trouver une "porte de sortie honorable" au conflit, c’est-à-dire d’amener le Viêt-Minh à la table des négociations en l’ayant, au préalable, affaibli politiquement et militairement.

 

Afin de remplir cette mission, Navarre propose un plan sur deux ans qui prévoit, au cours de la première année – correspondant à la campagne 1953-1954 - que les forces du corps expéditionnaire observent une attitude strictement défensive au Nord-Vietnam, se contentant de défendre le delta si ce dernier est attaqué. En revanche, au Sud-Vietnam, la pacification devra être poursuivie et, seules des opérations d'envergure pourront être déclenchées pour assainir le Centre-Vietnam, le fameux Lien Khu V (ou interzone V) du Viêt-Minh. Parallèlement, le général Navarre s'efforcerait de transférer au maximum la sécurité des régions les plus sûres à l'armée nationale vietnamienne. Cette politique permettrait ainsi de récupérer des unités et de reconstruire un corps de bataille digne de ce nom, capable de s'opposer aux divisions du général Giap.

 

La seconde année, 1954-1955, serait celle de la reprise de l'offensive au Nord-Vietnam et les Français pourraient espérer, grâce aux forces mobiles reconstituées, à l'augmentation des formations vietnamiennes et à l'accroissement de l'aide américaine, infliger des revers sérieux à l'ennemi qui rendrait possible "une solution politique convenable au conflit" selon les mots du général Navarre. Ce plan qui, finalement, s'inspire des recommandations faites par le général Salan, reste en définitive fort théorique et repose sur des postulats fragiles.

 

En effet, pour qu'il ait une chance d'être appliqué et atteindre ainsi les résultats escomptés, il aurait fallu que le Viêt-Minh ne tentât pas une offensive de grande ampleur en direction du Laos à l'hiver 1953-1954 et qu'il ne bénéficiât pas, par ailleurs, d'une aide accrue de la part de la Chine communiste. De fait, les livraisons de matériel et d'armement à destination des divisions viêt-minh ont considérablement augmenté en l'espace d'une année. Comme le résume justement Pierre Rocolle dans son ouvrage Pourquoi Diên Biên Phu ?, le plan Navarre est "conçu pour obtenir l'équilibre avec le corps de bataille viêt-minh en 1954 et pour le dépasser dans la seconde moitié de l'année 1954".

 

Discuté à Paris au mois de juillet 1953, d'abord au sein du Comité des chefs d'état-major, l'organe qui réunit les chefs d'état-major des armées (terre, air, mer), puis dans différents conseils restreints rassemblant les ministres intéressés par les questions indochinoises, le plan Navarre ne suscite aucune objection majeure. Curieusement, si le plan ne fait pas l'objet d'une approbation officielle, le commandant en chef en Indochine ne reçoit pas davantage de directives claires quant à la politique que le gouvernement entend mener. Ainsi, lorsque Navarre soulève la question de la stratégie qu'il doit mettre en œuvre si le Laos est menacé, celle-ci reste en suspens : il ne reçoit aucune réponse.

 

LE CORPS EXPÉDITIONNAIRE ENCERCLÉ À DIÊN BIÊN PHU

 

Du côté du Viêt-Minh, les buts de guerre restent inchangés ; il s’agit toujours de prendre le pouvoir et d’instaurer un régime communiste dans un Vietnam réunifié. À l’automne 1953 pourtant, la stratégie qu’entend mettre en œuvre Giap n’est pas bien arrêtée : une offensive généralisée sur le delta, où les Français à l’abri de leur fortification peuvent bénéficier à plein de leur puissance de feu, semble risquée, d’autant plus que des renforts sont attendus de la métropole. Aussi, à la fin du mois d’octobre 1953, le commandement viêt-minh décide de déplacer la guerre en haute région tonkinoise : l’objectif est de s’emparer de Laïchau, en pays thaï, resté fidèle aux Français, et de détruire les maquis pro-coloniaux qui gênent considérablement les unités viêt-minh.

 

La division 316 et le régiment autonome 48 sont donc dirigés vers Laïchau. Parfaitement renseigné des intentions de l’adversaire, le général Navarre ordonne, le 2 novembre 1953, de réoccuper la vallée de Diên Biên Phu afin d’empêcher qu’elle ne devienne une base opérationnelle viêt-minh. Elle est à l’époque la seule plaine importante de la région, fertile en riz ; elle se présente comme une ellipse dont l’axe nord-sud atteint jusqu’à 17 kilomètres et celui est-ouest, près de 7 kilomètres par endroits. L’opération Castor a finalement lieu le 20 novembre 1953 : trois bataillons parachutistes du groupement aéroporté n°1 (GAP 1) sont largués et rejoints les jours suivants par trois autres bataillons du groupement aéroporté n°2 (GAP 2). Au soir du 22 novembre 1953, 4 560 parachutistes français et vietnamiens ont pris possession de la vallée de Diên Biên Phu et commencent à en faire une base aéroterrestre, c’est-à-dire un ensemble logistique centré autour d’un terrain d’aviation et défendu par des centres de résistance.

 

Dans l’esprit de Navarre, la création d’une base aéroterrestre à Diên Biên Phu répond certes à l’obligation de protéger le Laos, mais elle doit servir de point de départ aux troupes françaises pour rayonner sur les arrières des troupes adverses et, enfin, les attirer loin du delta où une attaque est toujours possible. Le général Giap, lui, voit surtout dans l’établissement de cette garnison, dépendant uniquement du ravitaillement aérien, l’occasion de remporter une importante victoire : au lendemain de l’opération Castor, il ordonne donc à une partie de son corps de bataille de rejoindre Diên Biên Phu à marche forcée. Ainsi, Diên Biên Phu ne constitue pas le fruit d’une offensive planifiée de longue date, mais bien le résultat de décisions et de réactions prises par chacun des belligérants.

 

Dès la fin du mois de décembre 1953, le colonel Christian de La Croix de Castries et les douze bataillons du corps expéditionnaire qui composent désormais la garnison de Diên Biên Phu sont encerclés. Le général Giap a massivement concentré, autour de ce qui est devenu, de facto, un véritable camp retranché, une grande partie de son corps de bataille : les divisions d’infanterie 308, 312, 316 et une partie de la 304. Par ailleurs, la totalité de la division d’infanterie 351 est présente avec ses régiments d’artillerie et de défense contre avion.

 

L’ATTAQUE VIÊT-MINH

 

À la fin du mois de janvier 1954, le général repousse finalement l’attaque, jugeant que les conditions de la victoire ne sont pas réunies. Malgré la déception des combattants viêt-minh, pressés de mettre fin à cette situation d’attente, ce report est une bonne décision pour le Viêt-Minh. En effet, l’annonce, à la mi-février 1954, de la tenue d’une conférence à Genève qui aurait notamment pour but d’étudier "le problème du rétablissement de la paix en Indochine", a comme conséquence une accélération brutale de l’aide chinoise : armement, munitions, camions, essence affluent en masse.

 

Dans le camp viêt-minh, en effet, arriver à la table des négociations en position de force passe par une victoire à Diên Biên Phu : celle-ci doit être obtenue quel qu’en soit le coût humain. À la veille de l’attaque, le camp retranché de Diên Biên Phu constitue une position qui impressionne les visiteurs – hommes politiques comme journalistes - qui se rendent sur place. La défense de Diên Biên Phu est axée sur la protection du terrain d’aviation, élément clé du dispositif, qui est protégé par des centres de résistance implantés sur des collines auxquelles ont été attribués des prénoms féminins : Anne-Marie, Béatrice, Gabrielle, Huguette, etc.

 

Le 13 mars 1954, à 17h10, l’artillerie viêt-minh ouvre le feu : la bataille vient de commencer, elle va durer près de deux mois. Si les Français ne sont pas surpris par l’attaque, dont l’heure était connue de leurs services de renseignement, sa violence crée la stupeur. Mais autrement plus grand est le choc quand, au matin du 14 mars, l’on apprend la chute de Béatrice, défendue par l’un des bataillons que l’on pensait le plus solide : le 3e de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère. Le lendemain, c’est au tour du centre de résistance Gabrielle de tomber malgré des combats acharnés. Le chef de bataillon de Roland de Mecquenem, un temps commotionné, se rappelle lorsqu’il reprend conscience : "Je commence à percevoir des bruits [...], le fracas des combats d’abord, puis des sons plus proches, des gémissements, des cris de douleur. [...] Je sors en soulevant la toile de tente qui sert de porte. Il fait encore nuit, l’air est chargé de poussière jaune. Un [avion] Dakota lâche des bombes éclairantes les unes après les autres. Les feux amis/ennemis s’entrecroisent : l’artillerie de Diên Biên Phu tire sur le nord de Gabrielle, où je suis. Le spectacle est hallucinant".

 

Dans les jours qui suivent, la défection d’un certain nombre de soldats thaïs qui occupaient Anne-Marie achève de livrer toute la partie nord du camp retranché au Viêt-Minh. Giap a donc remporté la première manche : il menace directement la piste d’aviation, l’artère vitale de la garnison française, qui cesse finalement d’être utilisée à partir du 26 mars. Seuls les parachutages sont désormais susceptibles de ravitailler les combattants ou de renforcer la garnison. Les attaques viêt-minh ont cependant été très sanglantes et Giap va désormais adopter une tactique alternant assauts brutaux et grignotage progressif du dispositif français, grignotage pour lequel il fait réaliser un véritable lacis de boyaux et de tranchées qui vont littéralement «asphyxier» le camp retranché.

 

UNE DÉFAITE MAJEURE

 

Dans la nuit du 30 au 31 mars, Giap déclenche la seconde phase de son offensive et commence alors la bataille dite des "cinq collines", à l’est du camp retranché. Les centres de résistance Dominique et Éliane font l’objet de furieux combats au corps-à-corps mais, pour les Français, leur conservation est primordiale car de leur sort dépend celui de la garnison. En définitive, les combats se poursuivent jusqu’au 10 avril 1954 ; les contre-attaques des parachutistes et légionnaires permettent de reprendre une partie des positions perdues. Le grignotage s’intensifie pourtant dans la seconde quinzaine du mois d’avril au cours de laquelle la pluie fait son apparition. Pour les Français, le rétrécissement de la superficie du camp retranché rend le ravitaillement de plus en plus précaire et, dans les abris, des milliers de blessés s’entassent dans des conditions insalubres. Le 1er mai 1954, le général Giap lance l’offensive finale : les points d’appuis, défendus par des combattants épuisés et commençant à manquer de munitions, tombent les uns après les autres. Le 7 mai, en fin d’après-midi, après en avoir rendu compte à Hanoï, le général de Castries (promu le 15 avril) donne l’ordre de cesser le combat. Au lendemain de la chute du camp retranché, l’heure est au bilan.

 

Comme souvent lorsqu’il est question de chiffrer les pertes, les données divergent selon les sources et il est difficile d’obtenir une estimation précise. Pour le corps expéditionnaire qui a engagé 17 de ses meilleurs bataillons, le calcul s’avère moins compliqué. À la date du 5 mai 1954, on sait que 1142 combattants sont déclarés morts et 1606 portés disparus ; par ailleurs,

4 436 ont été blessés, plus ou moins grièvement. À ce total, il convient d’ajouter les pertes des deux derniers jours de combat, évaluées entre 700 et 1 000 hommes. Au total, le Viêt-Minh capture donc un peu plus de 10000 hommes, 60% de ceux-ci mourront dans les camps viêt-minh, de malnutrition, de maladies, de misère physiologique. Du côté de l’APV, bien que l’État vietnamien ne reconnaisse toujours officiellement que 4 020 tués, 792 disparus et 9 118 blessés, les chiffres communément admis par les historiens font état de 22 000 victimes, tués et blessés confondus.

 

Si l’heure est au bilan et au recueillement, elle l’est également à la recherche des responsabilités. Dès le 8 mai 1954, le général Navarre assume les siennes en même temps qu’il justifie l’occupation et la bataille de Diên Biên Phu. Celle-ci a sauvé le Laos, le corps de bataille ennemi a été saigné et les bataillons français ont fixé au total 33 bataillons viêt-minh loin du delta, sauvant peut-être celui-ci d’un désastre.

 

Dans cette optique, Diên Biên Phu serait certes une défaite sur le plan tactique, mais constituerait cependant une victoire stratégique, les buts recherchés par le commandant en chef ayant été finalement atteints. Ce point de vue semble, en effet, se défendre et les arguments avancés par Navarre apparaissent pertinents, même si ce dernier n’est pas exempt de reproches.

 

Toutefois, la chute du camp retranché, quelles que soient les raisons objectives de la défaite - augmentation de la puissance de feu de l’armée viêt-minh née de l'aide chinoise et de l’annonce de la conférence de Genève, faiblesse de l’aviation française, erreurs dans la conduite de la bataille à tous les échelons, représente une défaite politique et psychologique majeure pour les Français. Trois mois plus tard, le 21 juillet 1954, le cessez-le-feu mettant fin à la première guerre d’Indochine est signé à Genève. Soixante ans après les faits, Diên Biên Phu est devenue une ville de quelque 70 000 habitants où l’on peut apercevoir çà et là les vestiges des violents combats qui opposèrent les combattants français à leurs homologues viêt-minh. Les faits d’armes accomplis d’un côté comme de l’autre doivent continuer, dans le respect de l’histoire, à être entretenus dans les mémoires nationales en France, comme au Vietnam.

Ivan CADEAU - Officier et docteur en histoire au Service historique de la défense
En résumé

DATE : 13 mars-7 mai 1954

LIEU : Diên Biên Phu (Indochine)

ISSUE : Défaite française

FORCES EN PRÉSENCE :

Corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient (environ 10 000 hommes au début des combats)

Troupes du Viêt-Minh (environ 70 000 hommes)

Franchissement de la rivière Nam Nim par des éléments du 2e bataillon étranger de parachutistes progressant vers Nghia Lo, octobre 1951.

Franchissement de la rivière Nam Nim par des éléments du 2e bataillon étranger de parachutistes progressant vers Nghia Lo, octobre 1951.

© ECPAD
Premier largage sur Diên Biên Phu, opération Castor, 20 novembre 1953.

Premier largage sur Diên Biên Phu, opération Castor, 20 novembre 1953.

© ECPAD
Patrouille à l'ouest de Diên Biên Phu avec fusil-mitrailleur en batterie, 1954.

Patrouille à l'ouest de Diên Biên Phu avec fusil-mitrailleur en batterie, 1954.

© ECPAD
Transfert d'un blessé de Diên Biên Phu à Luang Prabang (Laos).

Transfert d'un blessé de Diên Biên Phu à Luang Prabang (Laos).

© ECPAD
État-major du GAP (Groupement Aéroporté) de Diên Biên Phu avec, de gauche à droite, le capitaine Botella, le chef de bataillon Bigeard, le capitaine Tourret, le lieutenant-colonel Langlais et le commandant de Seguins-Pazzis.

État-major du GAP (Groupement Aéroporté) de Diên Biên Phu avec, de gauche à droite, le capitaine Botella, le chef de bataillon Bigeard, le capitaine Tourret, le lieutenant-colonel Langlais et le commandant de Seguins-Pazzis.

© ECPAD
Entrée des troupes de l'armée populaire du Vietnam (APVN) dans Hanoï, octobre 1954.

Entrée des troupes de l'armée populaire du Vietnam (APVN) dans Hanoï, octobre 1954.

© ECPAD

Chronologie

Indochine 1858-1956

Janvier 1858

1858

Début de la conquête française de l'Indochine.

 

1859

18 février : occupation de Saigon par les Français.

 

1862-1867

Conquête de la Cochinchine.

 

1863

Août : protectorat français au Cambodge.

28 novembre : l'amiral de La Grandière gouverneur de Cochinchine.

 

1873

Conquête du delta tonkinois par Francis Garnier.

 

1874

15 mars : traité de Saigon : reconnaissance de l'indépendance de l'Annam par la France.

 

1883

25 août : traité d'Annam reconnaissant le protectorat français sur le Tonkin.

 

1884

11 mai : traité de Tientsin : évacuation du Tonkin et abandon de sa suzeraineté sur l'Annam par la Chine.

6 juin : traité de protectorat français sur l'Annam.

 

1885

9 juin : confirmation du traité du 11 mai 1884 : le Vietnam français.

 

1886

Paul Bert gouverneur de l'Indochine.

 

1887

5 juillet : création de l'Union indochinoise réunissant le Cambodge, la Cochinchine, l'Annam, le Tonkin et le Laos sous l'autorité française.

16 novembre : Ernest Constans premier gouverneur général de l'Indochine française.

 

1897

13 février : Paul Doumer gouverneur général de l'Indochine.

 

1898

Création de l'École française d'Extrême-Orient.

 

1908

Révolte de la garde indochinoise avec De Tham au Tonkin.

 

1911

15 janvier : Albert Sarraut gouverneur général de l'Indochine.

 

1925

Grèves ouvrières et manifestations en Indochine.

 

1927

Fondation du Parti populaire vietnamien (Parti nationaliste vietnamien) par Nguyen Thai Hoc.

 

1930

3 février : création du Parti communiste indochinois par Hô Chi Minh.

9 février : insurrection nationaliste de Yen Bay.

mai 1930-septembre 1931 : Émeutes agraires et troubles politiques en Cochinchine.

 

1940

25 juin : Jean Decoux, commandant les forces navales d'Extrême-Orient, gouverneur général de l'Indochine.

30 août : accord franco-japonais accordant des facilités militaires aux troupes japonaises et reconnaissant la souveraineté française sur l'Indochine.

 

1941

21 juillet : accord franco-japonais prévoyant l'installation de troupes japonaises sur le territoire indochinois.

2 septembre : création du Viêt-Minh par Hô Chi Minh.

7 décembre : attaque japonaise sur Pearl Harbor ; entrée en guerre du Japon.

 

1945

9 mars : occupation de toute l'Indochine par les Japonais ; Bao Dai, ex-empereur d'Annam, au pouvoir ; repli des troupes françaises en Chine.

11 mars : proclamation de l'indépendance du Viêt-Nam par l'empereur Bao Dai.

8 août : formation du Comité de libération du peuple du Vietnam par Ho Chi Minh.

15 août : insurrection vietnamienne ; l'amiral d'Argenlieu nommé haut-commissaire en Indochine.

25 août : abdication de Bao Dai.

2 septembre : signature de la capitulation japonaise ; proclamation de la République démocratique du Vietnam à Hanoi.

23 septembre : prise de Saigon par l'armée française.

5 octobre : arrivée du général Leclerc à Saigon.

19 octobre : réoccupation des principales villes de la Cochinchine par les troupes françaises.

 

1946

Mars : négociations entre la France et le Viêt-Minh portant sur la reconnaissance du Vietnam comme État libre et décidant d'un référendum au Tonkin, en Annam et Cochinchine ; débarquement des troupes françaises à Haiphong.

6 mars : accord Sainteny-Hô Chi Minh reconnaissant le Vietnam comme un État libre au sein de l'Union française.

3 avril : débarquement de troupes françaises à Haiphong.

Juin : l'amiral Thierry d'Argenlieu, gouverneur général d'Indochine, affirme le protectorat français en Cochinchine.

6 juillet-10 septembre : conférence de Fontainebleau sur le statut futur de l'Indochine ; échec des négociations franco-vietnamiennes.

19 novembre : échange de tirs entre une jonque chinoise appartenant à des nationalistes vietnamiens et la douane française dans le port de Haiphong.

21 novembre : premiers accrochages entre troupes françaises et Viêt-Minh ; début de la guerre d'Indochine.

23 novembre : bombardement de Haiphong par les Français.

19 décembre : insurrection viêt-minh à Hanoi, début de la guerre d'Indochine.

 

1947

5 mars : Émile Bollaert nommé haut-commissaire en Indochine.

23 décembre : adhésion du Cambodge et du Laos à l'Union française.

 

1948

5 juin : accords de la baie d'Along : reconnaissance par la France de l'unité et l'indépendance du Vietnam dirigé par l'empereur Bao Dai.

Septembre : reconnaissance par la France du statut d'États associés au Laos et au Cambodge.

20 octobre : Léon Pignon nommé haut-commissaire en Indochine.

 

1949

Victoire de Mao en Chine.

8 mars : reconnaissance par la France de l'unité et l'indépendance du Vietnam dans le cadre de l'Union française.

Septembre : conférence de Pau fixant les modalités du transfert des pouvoirs de la France aux États associés (Vietnam, Cambodge, Laos).

Novembre : contrôle de la frontière du Tonkin par la Chine.

 

1950

18 janvier : reconnaissance du Viêt-Minh par la Chine populaire.

31 janvier : reconnaissance du Viêt-Minh par l'Union soviétique.

7 février : reconnaissance du gouvernement Bao Dai par les États-Unis.

25 juin : début de la guerre de Corée.

30 juin : première livraison de matériel américain à l'armée française en Indochine.

8 octobre : défaite française à Cao Bang (3.10) ; évacuation de Lang-Son (19.10).

6 décembre : de Lattre haut-commissaire et commandant en chef des troupes en Indochine.

 

1951

13-17 janvier : victoire française de Vinh Yen.

 

1952-1953

Octobre 1952-13 août 1953 : installation de la base aéroterrestre de Na San ; échec des offensives viêt-minh vers le Laos.

 

1952

1er avril : Jean Letourneau haut-commissaire en Indochine.

12 avril : le général Salan commandant  en chef.

4 septembre : l'entrée à l'ONU refusée au Viêt-Nam, au Laos et au Cambodge.

 

 

1953

14 avril : invasion du Nord-Laos par le Viêt-Minh. Évacuation de Sam Neua.

8 mai : le général Navarre commandant en chef en Indochine.

3 juillet : Maurice Dejean haut-commissaire ; le gouvernement Laniel prêt à accepter l'indépendance des États associés.

25 juillet : fin de la guerre de Corée.

13 août : abandon du camp retranché de Na San par les Français.

20-22 novembre : opération "Castor" ; occupation de Diên Biên Phu par les parachutistes français.

7 décembre : colonel de Castries commandant du camp retranché.

10 décembre : évacuation de Lai Chau par les troupes franco-vietnamiennes.

 

1954

13 mars-7 mai : bataille de Diên Biên Phu.

26 avril : début de la conférence de Genève sur la Corée et l'Indochine.

3 juin : le général Ély haut-commissaire et commandant en chef.

4 juin : accords franco-vietnamiens ; signature du Traité d'indépendance du Vietnam.

21 juillet : accords de Genève mettant fin à la guerre d'Indochine.

14 août : accord de Trung Gia (Tonkin) sur l'échange des prisonniers entre les armées franco-vietnamienne et viêt-minh.

19 août : début des opérations d'échange de prisonnier.

9 septembre : départ des troupes françaises de Hanoi.

10 octobre : entrée du Viêt-Minh à Hanoi.

30 décembre : accords entre la France, le Vietnam, le Laos et le Cambodge.

 

1955

4 mai : départ des dernières troupes françaises du Vietnam du Nord.

26 octobre : proclamation de la République du Sud Vietnam.

 

1956

28 avril : dissolution du haut commandement français en Indochine.

 

 

Cartes

L'Indochine en 1954.
L'Indochine en 1954. - © MINDEF/SGA/DMPA/Joëlle Rosello
Les positions françaises du camp de Diên Biên Phu.
Les positions françaises du camp de Diên Biên Phu. - © MINDEF/SGA/DMPA/Joëlle Rosello
L'Indochine en 1954. Les positions françaises du camp de Diên Biên Phu.

Galeries photos

Pose de ribard sur la position Dominique 2, face ouest.
Pose de ribard sur la position Dominique 2, face ouest. - © ECPAD
Défenses face nord.
Défenses face nord. - © ECPAD
Implantation de l'infirmerie
Implantation de l'infirmerie - © ECPAD
Position d'arme automatique, face ouest.
Position d'arme automatique, face ouest. - © ECPAD
Vue aérienne de la piste.
Vue aérienne de la piste. - © ECPAD
Vue du camp de Diên Biên Phu.
Vue du camp de Diên Biên Phu. - © ECPAD
Pose de ribard sur la position Dominique 2, face ouest. Défenses face nord. Implantation de l'infirmerie Position d'arme automatique, face ouest. Vue aérienne de la piste. Vue du camp de Diên Biên Phu.