Zoom/ la remise officielle des prix du CNRD aux lauréats. 2 février 2016

Reportage au Grand Salon de l'Hôtel des Invalides

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« La libération des camps nazis, le retour des déportés et la découverte de l’univers concentrationnaire »,
tel était cette année le thème du concours du CNRD  2015.

 

Ce concours destiné à perpétuer la mémoire et l’histoire de la Résistance et de la Déportation fut initié par les associations d'anciens résistants et déportés, et institué officiellement en avril 1961. Près de 42 000 élèves ont participé l’an dernier

à ce concours qui demeure à ce jour le plus important de l’éducation nationale.

 

Album facebook #CNRD 2014-2015

Mardi 2 février 2016, 89 représentants des lauréats venus de toute la France étaient rassemblés sous les lustres du grand salon d’honneur du musée de l’Armée, à l’Hôtel national des Invalides, pour assister à la remise officielle des prix. Cette cérémonie était organisée en présence du secrétaire d’état aux anciens combattants et à la mémoire, Mr Jean-Marc Todeschini, et du secrétaire d’état à l’éducation nationale, à l’enseignement supérieur et à la recherche, Monsieur Thierry Mandon, devant un parterre de nombreuses personnalités. 

 

En préambule à la cérémonie, Mme Joelle Dussaud, présidente du jury du CNRD, a tenu à rappeler la dimension historique et citoyenne de ce concours et saluer l’investissement des élèves et de leurs enseignants. Puis ce fut le discours de Mme Marie-Josée Chombart-de-Lauwe, forçant le respect par sa présence lumineuse et son inlassable engagement au sein de la Fondation pour la mémoire de la déportation.

 

Elle rappela à tous « combien ce concours apporte un grand réconfort à tous les déportés survivants, à travers l’intérêt que suscite toujours auprès de la jeunesse un thème sur la déportation. »

 

En effet, qu’ils remportent le prix à titre individuel ou collectif, tous ces jeunes impressionnent par leur surprenante maturité et la qualité de leurs travaux.

 

Nous avons recueilli les impressions de plusieurs de ces garçons et filles.  

 

Pour Loïc Bonet, jeune lycéen de 17 ans au lycée Pardailhan d’Auch, qui a eu le mérite de présenter ce concours en individuel, et sans accompagnement, traiter ce sujet a été une véritable découverte : « à la lecture du dossier pédagogique, j’ai été frappé par les témoignages émouvants de déportés, les conditions de vie atroces, les récits d’évasion, l’histoire de la résistance… tout un volet de l’histoire que je ne connaissais pas. Ce concours est très important, car on manque de mémoire, on refait toujours les mêmes erreurs… »

 

Loïc Bonet (chemise noire) et Monia Savel (veste bordeaux)

 

Chez la jeune Monia Savel, brillante étudiante du lycée Simone Weil du Puy-en-Velay qui rêve de devenir restauratrice d’œuvres d’art, ce concours du CNRD suscite une inspiration sans cesse renouvelée : elle reçoit en effet le prix pour la 3ème année consécutive ! Son style et sa parfaite maîtrise du sujet ont été salués par le jury. Accompagnée de son proviseur, Mr Bonnefoy, elle confie : « je m’intéresse au sujet depuis la classe de 3ème. J’ai été très marquée par les témoignages de résistants et déportés que j’ai rencontrés. Lors d’une visite à Paris, je suis allée au Mont-Valérien. J’ai effectué énormément de recherches que je mets à jour régulièrement. Participer à ce projet ne m’a pas semblé être un travail supplémentaire, mais plutôt une continuité…»

 

Les élèves et représentants du Prytanée militaire de La Flèche

 

Les 12 élèves du Prytanée militaire de la Flèche ont pour leur part concouru dans la catégorie « travail collectif ». Quatre d’entre eux étaient présents à la cérémonie, encadrés par les représentants de l’institution dont leur professeur d’histoire, Mr Sainson, qui souligne : « le CNRD s’inscrit pleinement dans l’ancrage historique du Prytanée militaire qui compte 37 compagnons de la libération parmi ses anciens élèves. Depuis son lancement en 1961, des générations d’élèves y ont concouru. Du fait de la nature même de notre enseignement, nos élèves sont très intéressés par cette période de l’histoire. Cette année, ils ont été inspirés par le destin du Dr BUZYN, ancien déporté ayant vécu en Pologne et rencontré lors d’un voyage à Auschwitz. À partir de son témoignage, de documents d’époque, de photos et de films, ils ont  reconstitué son parcours à travers la réalisation d’une vidéo intitulée : Elie BUZYN, un enfant de Lodz dans l’enfer des camps ». Le Dr BUZYN  avait d’ailleurs tenu à être présent aux côtés des élèves du Prytanée pour assister à cette remise des prix.

 

 « Ne pas oublier de quoi notre histoire est faite, rendre hommage à tous ceux qui se sont battus pour la défense de nos valeurs…» C’est ainsi que s’expriment les élèves du lycée général et technologique Magendie à Bordeaux à propos de l’intérêt que revêt pour eux le CNRD. Grâce à un triptyque décrivant avec beaucoup d’émotion et de sensibilité leur ressenti face à l’horreur de camps, ils ont remporté le prix dans la catégorie « création artistique ». Leur professeur, Mr Gilles Sauvetre, depuis toujours très investi par la transmission du devoir de mémoire auprès de ses élèves et au sein du monde enseignant, souligne qu’il est très admiratif du rendu de leur travail et insiste sur la grande autonomie de ses élèves.

 

Lycée Charles de Gaulle à Dijon

 

Toujours dans la catégorie « travail collectif », les élèves du lycée Charles de Gaulle à Dijon étaient accompagnés de Mme Catherine Marchi, leur proviseur, ainsi que de Mr Dimitri Vouzelle, leur professeur d’histoire. Ses élèves sont unanimes : ce pédagogue de talent a réussi à leur transmettre sa passion pour l’histoire. Grâce à ses conseils, et ne comptant pas leur temps, ils se sont livrés à une enquête très approfondie dans les archives de la ville de Dijon, ont échangé des documents avec leurs correspondants allemands, rassemblé des photos, des témoignages, ont contacté des associations de déportés pour proposer une étude très fouillée sur les conditions du retour des déportés à Dijon. « Le sujet ne pouvait pas nous laisser indifférents, car ces évènements douloureux se sont passés dans notre ville» commente Mathilde. « Nous sommes la génération qui fait perdurer la mémoire, et nous devons faire en sorte que ces horreurs ne s’oublient pas et surtout ne se reproduisent pas ».

 

 Nolwenn Arteaud-Orquin et Inès Hélou, lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire

 

Avec l’aide précieuse de leur professeur Elissa André, Nolwenn Arteaud-Orquin et Inès Hélou, du lycée Aristide Briand, ont quant à elles réalisé une vidéo sur  l’expérience des déportés nazairiens. À partir de leurs témoignages, mais aussi de la consultation des archives municipales et de leurs lectures, elles proposent dans une vidéo d’une trentaine de minutes de revenir sur le chemin du retour de ceux qui ont connu la déportation, en particulier ceux de Louis Gravouil et de Christiane Cabalé. Nolwenn précise : « c’est la première fois que leur  témoignage était recueilli en vidéo. C’est très important pour eux que ce soit des jeunes qui viennent vers eux. Ils ont été très touchés. » Pour Mme Cabalé, qui a connu Mme Marie-Josée Chombart-de-Lauwe à Ravensbrück, « c’est important que les déportés racontent pour montrer la vérité ». Inès ajoute : « on a tenu à leur rendre hommage en faisant ce travail et c’est surtout cela qui nous tient à cœur ».

 

Ministère de la Défense - SGA/DMPA/SDMAE/BAPI - Photos : ©Jacques Robert - SEDACM/SGA - Reportage : Marie-Christine Caubet - Réseaux sociaux : Sara Bernède