1930 - 1940 La ligne Maginot

 

En 1919, l'Alsace et la Lorraine redeviennent des provinces françaises. Mais rien n'est acquis à jamais. Conscient du caractère éphémère des garanties du Traité de Versailles, le gouvernement français veut à tout prix éviter qu'une invasion semblable à celle de 1914 puisse à nouveau se produire.


Une "Commission de Défense du Territoire" est créée et placée sous l'autorité du Général Guillaumat. Elle propose en 1925 l'édification d'un "système discontinu de régions fortifiées" le long de toute la frontière de l'Est, de la mer du Nord à la Méditerranée. Succédant en 1929 au ministre de la Guerre, Paul Painlevé, André Maginot fait voter par le Parlement, le 14 janvier 1930, un budget de 2,9 milliards de francs pour construire, en cinq ans, une nouvelle ligne de défense fortifiée, quasi continue, qui portera bientôt son nom.

 

La ligne Maginot. Source : onwar.com



Sur plus de 700 kilomètres, des Ardennes au Sud de l'Alsace, mais aussi de la Savoie à la Côte d'Azur, cette « Grande Muraille » de béton et d'acier sera constituée de trois types d'ouvrage d'artillerie, partiellement enterrés et reliés entre eux par des galeries souterraines donnant également accès à des casernements, des casemates à vivres, des soutes à munitions et des usines de production d'électricité.

 

Plan général de la salle de commande des machines de ventilation de l'ouvrage fortifié du Hackenberg  (Moselle) de la Ligne Maginot. Des soldats du 164e RIF (Régiment d'Infanterie de forteresse) s'y affairent.  Décembre 1939 - Mars 1940. Source : SCA - ECPAD



On construisit au total 44 gros ouvrages d'artillerie, 62 ouvrages moyens d'infanterie, 365 casemates, 17 observatoires, 89 abris d'intervalle, plus de 150 tourelles de tous types, des milliers de blockhaus légers et toute une infrastructure arrière de voies ferrées, de routes militaires et de casernements. A l'intérieur des plus grands ouvrages, des trains électriques relient les blocs d'artillerie aux soutes à munitions et au casernement où pourront séjourner des régiments d'infanterie de forteresse (RIF), des régiments d'artillerie de position (RAP) et des unités du Génie et des Transmissions totalisant jusqu'à 1 000 hommes.

 

Des soldats et ouvriers construisent un ouvrage fortifié de la ligne Maginot en Moselle. 1939-1940. Source : ECPAD

 

Héritière d'une vieille tradition militaire de la fortification, la "Ligne Maginot" restera inachevée, malgré le 1,77 milliard de francs voté en complément du budget initial, lorsque, le 10 mai 1940, Hitler fait envahir la Hollande, la Belgique et le Luxembourg, puis marcher sur Paris. Quand l'Armistice sera signée, le 25 juin 1940, les 25 000 hommes affectés à la Ligne Maginot combattront derrière les lignes allemandes.

 

Il faudra un ordre du Grand Quartier Général français pour les contraindre à abandonner leurs armes, leurs munitions et leur position. Ce n'est d'ailleurs que le 4 juillet 1940 que les défenseurs de l'ouvrage du Michelsberg s'y résigneront et prendront contre leur gré le chemin de la captivité en Allemagne.

 

 



La Ligne Maginot n'est pas qu'une succession d'ouvrages de béton sans grand intérêt au plan architectural. C'est aussi un ensemble de galeries souterraines que l'on peut parcourir en wagonnets, tractés par des petites locomotives électriques et conduisant à des installations qui témoignent des progrès de la technologie française au début du XXe siècle dans le domaine de la construction mécanique, de la production d'électricité, du conditionnement de l'eau et de l'air ...

 

C'est là aussi que parfois, pour vaincre leur isolement, les mobilisés de 1939 ont peint, comme les hussards du Second Empire et les poilus de 1914-18 l'avaient fait sur les murs intérieurs des forts Séré de Rivières, des fresques qui témoignent du talent artistique de certains d'entre eux et de l'influence de Walt Disney, en France, dans les années 30 ...

 

 

site internet externe : La ligne Maginot

Source : MINDEF/SGA/DMPA Daniel Bax Pierre Hervet 7/11/2002