Abbaye royale du Val-de-Grâce (75)

 

L'abbaye royale du Val-de-Grâce résulte du voeu d'Anne d'Autriche, épouse du roi Louis XIII, d'élever «un temple magnifique» à Dieu s'il lui envoyait un fils.

Le 5 septembre 1638, après vingt-trois années de mariage, naît enfin le futur Louis XIV. Dès le mois précédent sa naissance, Anne d'Autriche, fidèle à sa promesse, charge François Mansart, l'architecte de la Couronne, d'établir les plans de l'église et du nouveau monastère. Il lui faut cependant attendre de devenir régente pour pouvoir ordonner le commencement effectif des travaux. La première pierre de l'église n'est donc posée que le 1er avril 1645, par l'enfant roi lui-même, alors âgé de sept ans.

 

Vue extérieure de l'abbaye royale. Source : SGA/DMPA

 



La construction de l'église, d'abord confiée à François Mansart, puis à Jacques Le Mercier et enfin à Pierre Le Muet, assisté de Gabriel Le Duc, est achevée à la fin des années 1660, quelques mois à peine avant la mort d'Anne d'Autriche.

 

Les plus grands artistes de l'époque participent à son ornementation. Les principales sculptures du choeur et de la voûte sont dues à François et Michel Anguier, ainsi qu'à Philippe Buyster.

 

En 1663, Pierre Mignard, assisté d'Alphonse Dufresnoy, peint la coupole et retient, à cet effet, le thème de la Gloire. Riche de plus de deux cents personnages, cette composition, qui a inspiré un poème à Molière, figure Anne d'Autriche, accompagnée de sainte Anne et de saint Louis, présentant à la Vierge la maquette de la nouvelle église du Val-de-Grâce.




 

Plan du Val de Grâce sous Louis XIII. Source : www.univ-tours.fr

 

 

Le maître-autel et le baldaquin sont réalisés par Gabriel Le Duc en 1669, après la mort d'Anne d'Autriche. Détruit pendant la Révolution, le maître-autel, dont le motif de la décoration est emprunté au thème de la Nativité, est remplacé sous le Second Empire par une copie. Le baldaquin qui le surplombe est supporté par six colonnes torses en marbre de Brabançon vert reposant sur des piédestaux en marbre rouge du Languedoc.

 

Deux tableaux de Philippe de Champaigne sont également exposés dans l'église, la Résurrection et l'Ascension du Christ.

 

Le 31 juillet 1793, la Convention nationale autorise le ministre de la guerre à utiliser l'abbaye royale du Val de Grâce, devenue bien national, comme hôpital militaire, ce qui la sauve très probablement de la destruction.

 

Aujourd'hui, l'abbaye royale du Val-de-Grâce abrite l'Ecole d'application du service de santé des armées (anciennement Ecole d'application de la médecine et de la pharmacie militaires, créée en 1852), qui constitue avec l'hôpital du Val-de-Grâce le premier centre hospitalier universitaire militaire. Y sont également implantés le musée du service de santé des armées, ainsi que la bibliothèque centrale du service de santé des armées, deuxième bibliothèque médicale de France qui comporte plus de 40 000 ouvrages et près de 600 collections de périodiques.

 

Le musée du service de santé des armées est ouvert au public, le site peut être visité à l'occasion des Journées du patrimoine. L'abbaye royale du Val-de-Grâce fait l'objet d'un partenariat de mise en valeur entre les ministères de la Culture et de la Défense.

 

 

Renseignements pratiques :



Bureau des actions culturelles et muséographiques e-mail : dmpa-sdace-bacm@sga.defense.gouv.fr

 

 

Source : SGA/DMPA/SDACE/BACM