Village détruit de Douaumont

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Situé sur un rempart naturel entre le fleuve Meuse et la plaine de la Woëvre, le village comprend une cinquantaine de maisons...

A 380 mètres d'altitude, Douaumont est le point culminant des Côtes de Meuse dans l'arrondissement de Verdun. Situé sur un rempart naturel entre le fleuve Meuse et la plaine de la Woëvre, le village comprend une cinquantaine de maisons réparties sur la rue principale composée de la rue basse et de la rue haute et sur la rue soupe à l'eau. La ferme de Thiaumont se trouve à 1 km à l'écart. Le nom de Douaumont, du latin DIVUS MONS : mont divin, indique que le village est d'origine très ancienne, vraisemblablement de l'époque gallo-romaine.

 

Au Xllème siècle Douaumont était une dépendance du Comté de Bar, il fut affranchi en août 1252 par le Comte de Bar et l'abbesse de Juvigny. L'église de Douaumont, construite derrière le village date du XVIème siècle, elle est placée sous la protection de Saint-Hilaire. La vie dans le village est calme et paisible, principalement consacrée à l'élevage et à la culture : céréales, fourrage, pommes de terre, lin, chanvre, arbres fruitiers sans oublier la vigne. Cette routine est troublée à partir de 1885 par la construction du Fort de Douaumont (prévu par le plan Séré de Rivières) qui engendre l'expropriation de terrains.

 

Alors, arrivent les équipes d'ouvriers des entreprises de terrassement et de maçonnerie composées en majorité d'italiens. Beaucoup s'établissent momentanément sur place, et la population passe de 192 habitants en 1884 à 576 en 1886.

  • La chapelle du village détruit de Douaumont

    La chapelle du village détruit de Douaumont. Photo JP le Padellec

Source : Conseil général de la Meuse

Arrivent ensuite les militaires qui prennent possession des lieux. Au contact de cette foule, les habitants découvrent les us et coutumes d'ailleurs tandis que les petits commerçants: (café, tabac, épicerie) voient leurs recettes progresser. À la fin de la construction du fort la population de Douaumont décroît et on dénombre 288 habitants en 1914. Début 1919, les habitants de retour d'exode ne retrouvent qu'un immense champ de ruines et de trous d'obus, un paysage lunaire.

 

Les séquelles des combats sont trop importantes et les risques d'explosion trop grands pour espérer la reconstruction du village. En 1919, le gouvernement prend des mesures pour le rachat ou l'expropriation des terrains dévastés et en confie le reboisement et la gestion aux Eaux et Forêts. En 1919, le territoire communal et la commune existent toujours et des élections municipales ont lieu pour désigner un maire. Cela est toujours en vigueur. Le 9 septembre 1920, le village de Douaumont est cité à l'ordre de l'armée par arrêté gouvernemental.

 

En 1926, un monument aux morts est érigé sur lequel figure le nom des 11 hommes de Douaumont emportés par le cataclysme. Le 18 septembre 1927 a lieu l'inauguration de l'Ossuaire de Douaumont dû à la persévérance de son fondateur Monseigneur Ginisty, évêque de Verdun, soucieux de donner une sépulture décente aux restes des combattants tombés sur le champ de bataille. A la même époque quelques maisons dont l'Abri des Pèlerins sont construites ce qui ramène quelques habitants et une vie à Douaumont.

 

Le 28 août 1932, inauguration de la chapelle souvenir construite à l'emplacement de l'ancienne église pour perpétuer la mémoire du village disparu. Tous les ans, le deuxième dimanche d'octobre, une messe commémorative y est célébrée où se réunissent les habitants, les descendants des anciens habitants, leurs amis et les associations patriotiques. Le 22 décembre 1987, huit des neuf villages déclarés « morts pour la France » Beaumont, Bezonvaux, Cumières, Douaumont, Fleury, Haumont, Louvemont, Ornes, constituent le S. I. V. 0. M. des Villages Détruits en 1916 qui assume les gros travaux d'entretien des chapelles et des monuments aux morts ainsi que le débroussaillement des abords.
 

Un projet pour restituer le village dans cet écrin de verdure Grâce à l'O.N.F., la Communauté de Communes du Verdunois, le S.I.V.O.M. des Villages Détruits en 1916, le Conseil Municipal de Douaumont, et au fond F.E.O.G.A., le village va enfin apparaître aux yeux des pèlerins. Les usoirs sont symbolisés par des bandes minérales. Une des fontaines de la Grande Rue et l'emplacement de la Mairie ont été symbolisés par un monolithe en pierre à leur emplacement original. Grâce à ces reconstitutions symboliques, le visiteur ou le pèlerin pourra se rendre compte de la situation de ce village avant la terrible tourmente.

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